dimanche 8 octobre 2017

Massa Nera ont sorti un disque tellement cool qu'il fallait que le blog rescussite pour eux.




● Ça fait des mois que je ne poste plus sur le blog, que je n'arrive plus à écrire. À chaque fois que je tente, c'est le syndrome de la feuille blanche, où j'efface tout parce que je trouve que ça rend pas bien, que ça sonne creux... Peut-être que je tendais à trop intellectualiser mon contenu, à écrire un truc trop conséquent, ou je sais pas. Au final, c'est surtout une grosse procrastination, combinée à quelques peurs et doutes, qui fait que depuis le printemps dernier, c'est le néant par ici, mais tout ça, c'est terminé : je suis de retour, j'en suis content, et j'ai mille choses à vous raconter, mais on va pas se précipiter (enfin on va essayer) et y aller doucement. 

Cette semaine, j'ai découvert le nouvel album de Massa Nera, Los Pensamientos De Una Cara Palida, et j'ai été agréablement surpris par les américains. Ils avaient fait du bruit l'an dernier, avec l'EP will it be enough for you to keep going?. Et avec leur premier LP, le groupe garde les grandes lignes de la musique éthérée et mélodique qu'il dévoilait sur l'EP : des riffs plutôt lumineux qui se développent sur la longueur, des explosions et envolées qui garantissent les frissons, un background très "euro screamo", italien et français surtout, et quelques lignes de chant en espagnol. Mais à cela s'ajoute une atmosphère plus sombre, ça évoque City Of Caterpillar par moments. Les morceaux sont plus longs, le climat est plus pesant, mais on reste toujours sur quelque chose de profondément sensible et mélodique. 

Plus l'on plonge dans ce disque, plus l'on y découvre des détails accrocheurs, parfois déroutants, et parfois géniaux au premier abord: le groove de batterie de la fin aérienne et hypnotique de "Carrying A Coffin", le break jazzy de "Provisional Euphoria", la bombe quasi neo-crust "One.Two.Zero", l'exceptionnel final qu'est l'entièreté de "Waltz! (La Guerra)"... Un disque très riche, haletant, intriguant, qui se dévoile au fur et à mesure des écoutes, et qui passera tout seul en repeat dans votre casque, que vous le vouliez ou non. Je parle en connaissances de cause... J'ai également eu pas mal de fois l'impression d'entendre du Young Mountain sur ce disque, notamment dans le chant, et aussi du Daïtro période Laissez Vivre Les Squelettes dans certains riffs. Il regorge d'ambiances contrastées, d'instants de catharsis foudroyants, plein de petites choses qui capturent notre attention pour ne plus la lâcher.

C'est un très chouette disque, dans l'air du temps, qui en prend le négatif et le poisseux pour en faire un exutoire puissant. C'est sorti chez Zegema Beach Records, Middle-Man Records, Ancient Injury Records, et Dingleberry Records. Et, à ce stade de ce petit papier, je bloque un peu pour dire quelque chose d'autre... Alors, faites-moi confiance. Je prends plaisir à vous recommander ce disque, il a su me toucher, aiguiser ma curiosité et mes sens, me faire réfléchir, et même rêver.

Bisous.




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jeudi 22 juin 2017

"Ça sent la merde dans l'isoloir" : retour sur l'emocrust de rance.



● Cette année, on a encore dû faire façe à une vaste mascarade électorale: deux tours de manège plus vertigineux que jamais, se déroulant dans cette tour de la terreur qu'est le vieux système démocrasseux français. Un édifice brinquebalant, aux murs fissurés, pourris, qui continuent de parquer en son mal-sein des millions de personnes soumises au capital, à l'oligarchie, aux peurs, aux haines. Des personnes qu'on embobine, qu'on force à former l'affront républicain, pour absolument devoir contrer la verrue frontiste qui oui, en est une, mais qu'on peut combattre d'une manière bien moins républicaine. Ouais, je préfère appartenir à une génération ingouvernable que générer un gouvernement. Cette année, nous avons eu le choix entre un parfait roquet du capitalisme dans son état le plus sauvage, et la sorcière des bas-fonds du racisme rance, qui joue avec les colères et les peurs de la classe ouvrière, et fait fantasmer les nazillon.ne.s, les gudard.e.s et les eurosceptiques du continent. 

Mais il y avait un 3ème choix. Celui de l'insoumission. La vraie, pas celle proposée par un machiste opportuniste et arrogant. Mais s'insurger, en (f)rance, c'est forcément être un casseur - une casseuse, un.e « islamo-gauchiste, un.e utopiste ». Faire péter des vitres de grandes enseignes riches à millions, les mêmes qui oppressent leurs employé.e.s et qui réclament à Macron de pouvoir les précariser encore plus, entretenir un rapport de force avec une police de plus en plus violente et légitimée dans ses actes… C'est vu comme un extrême, comme une honte, un obstacle à la sécurité des français. Permettez-moi de placer un petit "lol" à ces suppositions lâches.

Ce climat nauséabond, qui pue la gazeuse et la corruption, pas grand monde se charge de cracher dessus, chez nous, à part via de faibles actions citoyennes encadrées par ces associations lâches sous la complicité et la domination de l'autorité, ou via des chansonnettes disponibles dans le supermarché le plus proche de chez toi. Heureusement, un petit miracle commence à se produire. Vous avez en têtes les textes du screamo français des débuts de Stonehenge Records à la fin de Belle Epoque ? De ces formidables idées et engagements pour changer la politique, les sociétés, abolir le sexisme, le racisme ? Eh bien, lorsque Belle Epoque a disparu, notre scène emo n'a pas vraiment repris le flambeau de l'insurrection et de l'altermondialisme, laissant la flamme se tarir. Il a fallu attendre 8 à 10 ans plus tard pour qu'entre autres Jarod et Chaviré se charge de nourrir le feu. Et en parallèle, une relève à Farewell, Bökanövsky, Who Needs Maps... S'est formée. Oui, à ce petit microcosme encore un peu plus underground et anarchiste que le screamo, il semblerait que certains veulent lui redonner grâce, à un moment où c'est plus essentiel que jamais : messieurs dames, veuillez accueillir sur les cendres du système : Potence, Jeanne et Geraniüm.

Ce qui est chouette avec ces groupes, c'est qu'on y retrouve des "anciens" comme des kids. Et leurs compositions, forcément marquées par l'air du temps, restent également imprégnées de luttes et de combats menés depuis une vingtaine d'années dans la scène emo/hardcore française, Ce qui rend l'ensemble encore plus percutant, nécessaire, et alerte. Chez Potence, c'est ni plus ni moins qu'Aurélien Daïtro au chant. Leur truc, c'est de balancer un crust punk virulent, frontal, avec du grain, de la colère, marqué par un ton triste, des interludes instrumentales et un chant plaintif et écorché qui évoque fortement le screamo, et forcément Daïtro. Potence n'a pas vraiment envie de se marrer, encore moins de vieillir. L'Amour Au Temps De La Peste, l'album sorti sur Bandcamp en Mars dernier, et disponible depuis Mai sur un disque d’un chouette blanc naturel avec deux screenprinted covers au choix, existe déjà depuis l'an dernier... Vous vous rappelez de ma double malchance au Miss The Stars Fest 2016 : les avoir loupés et avoir loupé leur tape ? Bah voilà. L'album était disponible sur cette belle cassette rouge, ainsi que leur merch trop cool, et je suis totalement passé à côté de tout ça. Et ce disque, il fout une mandale énorme, objectivement. Il aurait pu être composé par des gens de mon âge révolté.e.s par ce que le vieux monde leur laisse à subir et à déconstruire, mais il s'agit ici de nos aînés (pas de grand-chose ceci dit, il est vrai), qui ont gardé les idéaux de leur jeunesse. Car dans nos sociétés, après 30 ans, l'éveil et la conscience prennent trop vite un coup dans la tronche...

L'Amour Au Temps De La Peste nous laisse rarement le temps de souffler. Il frappe fort, sec, même si le ton général est plutôt cool avec nos cœurs, il l'est beaucoup moins avec les codes établis, le confort moderne et nos choix de vies, un ensemble dans lequel on est encore beaucoup trop à se complaire. Il questionne sur les choix politiques de nos con-citoyen.ne.s, il te rappelle que depuis fort longtemps, « Ton dieu ne t’entend pas, ton dieu est mort », et il fait le constat de notre propre échec, de notre propre lâcheté : « La stratégie du pire porte enfin ses fruits. Nous voilà sidérés par la violence des monstres que nous avons engendrés. A combattre des monstres, on en devient un soi-même… ». Pendant une bonne demi-heure, on se prend un flot continu de rage, une colère viscérale s'exprimant sans fléchir au travers d'un crust punk qui prend de la densité dans des rythmes catchy et cogneurs, des interludes tendues mais aériennes, plutôt que dans des éternels toukatougouda lancés à toute vitesse, qui sont bien évidemment présents, mais subtilement dosés, pour que les morceaux gagnent en originalité, en intensité, que l'auditeur trouve une accroche, une "beauté" dans ce chaos, dans ces brûlots situationnistes, qu'il soit réceptif aux passages scandés plutôt qu'hurlés. C'est là toute la puissance de ce fameux "emo crust" dans lequel Potence s'illustre à merveille : arriver à glisser une sensibilité accrue, une décharge émotionnelle forte, dans un climat très noir, gras, et sans compromis.



Geraniüm sait également y faire, dans ce registre. Mais eux, ils le font avec un peu plus de metal à l'intérieur, et depuis déjà pas mal de temps. Leur première release date de 2011, un split avec les crust metalleux de Human Compost. Je suis à chaque fois impressionné par leur album éponyme, leur "crust de salon" (le meilleur terme trouvé pour décrire avec ironie la scène neo-crust), un disque aussi sombre qu'entraînant et riche, qui a été pour moi l'un de mes premiers contacts avec le crust punk en général, et qui n'a d'abord pas été un coup de cœur, d'ailleurs... Mais les choses ont changé, et j'ai appris que le growl pouvait être utilisé dans d'autres circonstances que pour des démonstrations de force et de virilisme. Ainsi, après le split avec Finisterre et leur morceau coup-de-poing contre une attitude assez pesante dans le punx qui consiste à poser avec des t-shirts de groupes anarchistes, antifa, RABM... En agissant en totale opposition avec les valeurs de ceux-ci, ils reviennent partager une galette avec Link, avec deux morceaux, "Haters Hate" and "Murder Kings", où des influences black metal viennent largement ponctuer la noirceur et l'agressivité de leur musique... Est-ce parce que Thibault de Paramnesia et de Jeanne a rejoint le groupe à la basse ? Quoiqu’il en soit, Geraniüm prend encore de la masse et une dose de ténèbres en plus, en gardant un esprit frontal et virulent. Je ne les ai encore jamais vu, et il me tarde de le faire un jour...



Et puis il y a Jeanne. Cette surprise beaucoup trop underrated. Cette pépite cachée du screamo français, un groupe actif depuis 3 ans maintenant, qui flirte avec le crust et l'emoviolence. Ça sent fort le screamo US, le désespoir, les émotions hurlées la main dans le dos, sur le bout du fil, un fin de set écroulé au sol. Je pense pouvoir dire sans trop abuser que je suis fan de leur musique. C'est exactement ce qui me parle en ce moment, et c'est accessoirement un groupe du genre dans lequel j’aimerais gueuler (je prends vos candidatures :3). Jeanne ont sorti récemment un disque éponyme bluffant, dans la droite lignée de leur démo, avec un petit voile de secret qui le recouvre : ils ont choisi de ne pas partager les paroles du disque et de ne pas le sortir en physique, pour des raisons inhérentes au line-up qui a enregistré cet album. Et j'avoue que c'est vraiment frustrant... En fait, ils me rappellent un peu ce que faisait Ravin, mais en plus sombre encore. Cet enchaînement de mélodies poignantes et virulentes en même temps, ces riffs en clean et ces arpèges nous guidant avec tendresse et désarroi vers ces explosions rythmiques, ce chaos cathartique.... C'est brut, c'est spontané, c'est piqué à vif, bref c'est le skramz. Je pense que ce S/T va vraiment faire partie d'un de mes albums de l'année. Merci beaucoup les petits gars.



Cette petite scène me donne de l’espoir quant à la vigueur du feu du screamo en France. Que ce soit pour sa valeur émotionnelle, son engagement politique, ou juste l’envie d’en jouer avec force et passion, il prouve que ce que tente tous les groupes récents n’est en rien quelque chose de vain. Il faut tenir bon, il faut garder ce feu aussi nourri qu’il en a ainsi l’air.

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samedi 20 mai 2017

★ MISS THE STARS FEST 2017 || live report ★



• I hate myself. I hate myself because once again I went super emotional: you know, when you had a super good time somewhere and you want to tell EVERY single thing you lived to your friends and people around and then you go full encyclopedic… I started to write a super-long review of the Miss The Stars Fest '17, with way too much details, so I deleted it all. Then I tried to re-write it, to be more objective. And make it shorter to allow everyone to read without being like « fuck, it's 30mn I’m on it and I'm still reading that shit, when it will end??? ». It was hard, but I want everyone to feel comfortable and not being bored by reading me.

Well, you get it: I'll tell you about my little trip to Berlin, where I was going to attend one of the best hardcore / punk festivals of Europe, by far. It was the 4th edition of the Miss The Stars Fest, and the line-up (once again?) was insane. If you still don't what this fest is, here's some details : It's a small fest that take place in Berlin, mainly focused on emo scene, made with 100% DIY ethics, created by Alex, founder / writer of the blog (We Built The World And) Miss The Stars. I think it's an equivalent to the Cry Me A River Fest

Alex seems to be in love with swedish screamo as much as I am. So it wasn't surprising to see that lot of bands came from Sweden this year, for my biggest pleasure, more than other years where there was already some swedish entities. THE SWEDISH SKRAMZ MAFIA CONGRESS YO! Holy wow, I finally had the chance to see Suis La Lune live after missing them 2 times in Paris… YES IT WAS POSSIBLE. With them, there was 2 side projects of Henning : Trembling Hands, a darker / heavier screamo, and Sore Eyelids… YES, the emo-shoegaze lords! There was also Trachimbrod, I Love Your Lifestyle, Young Mountain, and of course Vi som älskade varandra så mycket (what is MTS Fest without those boys?). With this delegation of the swedish skrim music, there was of course lots of other awesome bands coming from everywhere: Brasil, USA, UK, Germany…




I have to say first that going to Berlin for 90% of the audience of the fest also involves to spend hundreds of € in vegan food… AAAH THE VEGAN FOOD IN BERLIN. It's something way more easier to find than in Paris, in example. And also far cheapier. I mean, Club-Mate is 3€ in Paris when it's not even 1 at Berlin, WTF??? It's something very, VERY important when you are going to MTS Fest : going to most of the vegan places where it's possible to go, according of the amount of time you can spend there. And for me, it was mostly at Brammibal's Donuts. It's really a killer place to take breakfast. A cosy, friendly, sweet place, where they have a great choice in donuts, menus, their « latte » coffee is super smooth, the freshmint tea is divine… It was the perfect way to prepare us for the fest, and waking us up I admit :').

It's also about spending approximatively the same amount of money at Bis Aufs Messer, the house of Adagio830. Fun fact : each time I go there, I found the drummer of No Omega / Careless / Mystery Language / Det är därför vi bygger städer :') ! This record store is a pretty nice and intimate place, where you can listen to the vinyls you wanna buy. There's a very large selection of records, in lots of music genres. You can even buy coffee ! Because hey, « coffee saves my life », says the motto of Adagio830 since 1997 ! They have a coffee called xPOWERTRIPx … Seriously, how it's even possible not to buy it?

But yeah, the main reason of our trip was above all to go to the Miss The Stars Fest, which once again took place in Tiefgrund, a beautiful place with a bar, a garden, and two stages. There was a great change this year : The smaller stage was in a bigger room. So I was sure to not miss a band because too much people (remember my bad luck with Potence last year :'( …).  But the running-order was some kind of athletism : we only had like 15mn to have a break, eat something or grab records between bands, and depends what was the bands you wanted to see, it could be super hard haha! On Saturday, there was like 5 bands that I wanted to see very much that played one after all, one stage to another… And I succeeded to do it, yo! But we all found the time to relax, to drink tons more of Club-Mate, to eat those awesome vegan mini-tacos and fries vegetables with mango sauce, and UNREAL vegan cheesecakes, to grab lots of vinyls, tapes, zines… As usual there was some cools distros : I remember to have found Koepfen, Damn Fine Tapes, Moment Of Collapse, a small part of Dog Knights Productions distro / releases, Adagio830… Tina from Kalmare Print was there with her DIY patches, Christian from KIDS Artworks exhibited his silkscreen prints and other drawings, and obviously there was lots of beautiful merch 😃


picture by hnrkhlndr


And yeah, obviously, there was… THE MUSIC. And there's so much things to say… To describe every show would be too damn long I think. There's some bands I didn't see because of food and the timetable changes (so bummed that I missed LIRR :'( !), so I can't objectively say « yo, EVERY band were great! ». But I think they all were helped by the atmosphere, the mood, the happiness all around, AND that they all gave the best of themselves to have a good time. Proofs are that the bands I saw were all awesome... There was of course all the swedish bands I was so excited to see. I missed Mystery Language but I'm pretty sure I'll have another chance to see them! The « classic » of the fest, Vi som älskade varandra så mycket, had once again gave a powerful, almost epic set, always with fun and serenity. Sore Eyelids were SUPER good, even if the voice mix could have been better tho. But yeah, that was so refreshing! In the same « emogaze » vibe, but with screams, Trachimbrod played in the small stage, and omg, it was wonderful. One of my fav sets. Their music fitted perfectly with the mood, the place, the lights of a slighty warm sun… When they played « Through Walls, Floors and More », lots of people went into a passionate sing along, some of them even took the mic, for that classic « I've been waiting for this, I've been waiting for this, for all my liiiiife » . The singer / guitarist of Trachimbrod is also playing in I Love Your Lifestyle, which played before Trachimbrod, I had the feeling they were less in the mood of the songs than usual on stage but it was great anyway, Trembling Hands was one of my big suprises of the fest with their crushing, dark and heavy screamo, slightly black-metalesque in some riffs. And WOAH, Young Mountain ❤. I was waiting so hard to see them, it was epic, Kami (vocals) was truly touching, as he was almost in tears while the last song, it was a strong set in many ways. And obviously, obviously… Suis La Lune. That was an unforgettable moment. We were all waiting for that set, and they didn't disappoint. Almost one hour of intense feels and nodding. They played some of their all-time classics like « With Wings of Feather and Glue », « Cornea » or « Utter Silence Is Fragile », and it was a big party all along the set. Some people even made a human pyramid, one of the skramz seals of quality :3 .


















Okay, let's talk about what was, for me, apart from the swedish crew, the best gigs of the fest. First : FUCKING YURI. Woah, that was crazy! It was very short, but so is their discography haha! Abi was rushing into the crowd, was stage-diving hard with everyone, screaming and rolling on the floor… It was super spontaneous, chaotic, but also super safe. What a cathartic gig! AND they also had a human pyramid ¯\_(ツ)_/¯. Swain was also a killer one, I didn't expected to see so much enthusiasm and excitement, because I listen to them way more than their past as This Routine Is Hell, and for me their music as Swain is more like a « bedroom music » than a party one. But woah, I had the impression to see Turnstile rather than Swain hahaha! What a lot of 90's grooves and dance skills! The band and audience were in osmosis, the frontman was super posi in his attitude, message and prestation, all band members were giving the best of themselves… I was also blown away by Lentic Waters, that I discovered at this fest. They played their album The Path front to back, and WOW, it was heavy as fuck. Somewhere between a frenchy post-hardcore/neo-crust vibe, and a crushing, metallic hardcore. My very best discovery of the fest! Also, the very first band that played this year, Anti-Corpos, was a discovery for me, and they are active since at least 13 years!! Some of their songs, strongly rooted in powerviolence and hardcore, reminded me old french screamo bands, stuff like Anomie and Stonehenge Records bands, that was amazing!! They played with so much anger and energy. I was also impressed by Archivist, which wasn't a band I love that much musically to be honest (sorrysorrysorrysorry) : the frontwomen looks SO SERENE. I mean, she's smiling everytime! That's awesome. She's a brightful person, and so was Alex which was screaming with her. It was a beautiful set, both musically and humanly. That was very… Peaceful? Exactly what we all needed.











Ruined Families was an explosion of anger and strenght (and with a super nice frontman), I Hate Sex was heartbreaking and captivating, Thisismenotthinkingofyou was lots of love and courage, Drei Affen was breathtaking, Coma Regalia was impressive, The Tidal Sleep was powerful and crushing as always (and with a MAXIMUM VOLUME on guitars hahaha!), Saligia was another great discovery, dark and fast screamo / metalcore. And unfortunately I also missed Kepler, uragano, Boneflower and Charlotte Light & Dark... :'(















This fest couldn't be possible, and never with that lot of safeness, good vibes, good bands and good food, without the staff that is working hard for this fest since the beginning, and trying their best to keep all that makes this fest something unique. There's a lot of people that was complaining about the fact that this year's edition was sold out in a hour, some of them wanted the fest to be in a bigger place. But hey, Miss The Stars Fest isn't Fluff Fest, and it's the goal of the MTS Fest to be something smaller, intimate. They want keep that 100% DIY spirit, without becoming something too big. It's hard for them to keep everything this way, as years after years this fest is becoming increasingly popular and important. Also, I think that this choice to stay a « small fest » allow them to have a 100% free choice about the layout of the place, the prices, the line-up, the ethics… And also something very important : the male - female equality on it, which was perfect this year!

We definitely feel like a family in that fest, at least we feel somewhere where there's no fear of being who you really are, to be a women, to be a punk, to be whatever you want. Everyone is welcome, everything is here to share love. There's no hate, no gender roles, no social constructs, no machism, no sexism, no racism... ZERO form of hate and restrictions (except to be kind to each other). This is a lesson to punk and a life lesson. This is something we still need to built in shows of our cities everywhere in the world, because all those simples ways of acting are far from being fully acquired.

I don't think my words can truly retranscribe all the things that makes this fest as awesome as it is. It's just some kind of personal praise, and I just want to make you wanna go there next year with raw emotions. But yeah, that was my 2 cents about the Miss The Stars Fest 2017, a big breath of fresh air, an escape, something that reunites so much beautiful people, so much friendships, so much good bands, so much essential ethics and ideas to make this creepy world better. Thanks Alex, thanks Edouard, thanks Jessica, thanks everyone involved in this fest. You made a wonderful, inspiring, essential job. 




picture by eduard_orbitron

picture by hnrkhlndr

Blackbooze Prints ❤ - picture by eduard_orbitron

picture by tacoslosnopales

picture by eduard_orbitron

picture by la.cuca_

me reppin' da fest. 



I miss the stars.
See you next year. ❤


lundi 8 mai 2017

Emokids on the road: Nancy, Fiducia Fest, et radios allemandes.




 Je commence à me spécialiser dans le fait de faire des heures de trajet pour 2 - 3 jours de congés partout en France. c'est coûteux, c'est fatiguant, mais qu'est-ce qu'on se marre bien. Je l'ai fait pour le Miss The Stars Fest 2016, je l'ai fait pour Rouille, Nothing, I Love Your Lifestyle / Sport / Alaska / Gulfer… Et je l'ai refait la semaine du 10 au 16 Avril, pour ce qui restera sûrement LE line-up screamo de l'année en France : Earth Moves + Cassus + Lypurá. C'est le copain Alex, qui a fondé À Fond d'Cale Prod, qui a eu la chouette mais malheureusement périlleuse idée de booker ce concert. À la base, ça ne devait être « que » Earth Moves et Lypurá. Mais il a pu ajouter Cassus, qui allaient jouer deux jours plus tard au Fiducia Fest à Mulheim, Allemagne. Tout ce qu'il fallait pour me faire craquer et me faire aller sans aucune hésitation à Nancy…

Je suis complètement fan d'Earth Moves, qui ont sorti avec The Truth In Our Bodies un chef-d'œuvre de compositions massives, romantiques, bouleversantes, aussi tumultueuses et épiques qu’atmosphériques et éthérées. Cassus, j'espère qu'ils seront l'un des groupes phares de avenir du screamo anglais, chacune de leurs chansons sont autant de cocktails Molotov lancés avec l'énergie du désespoir dans la face du capitalisme, des stigmas de nos sociétés. Et Lypurá, c'est la petite révélation emo / screamo allemande, qui crée une alchimie qui sonne évidente entre des sonorités late 90's – early 00’s skramz, et des influences emo « moderne » qui flirte avec l'indie rock et le post-rock. Il me tardait de découvrir tout ce monde, toutes ces chansons en live. Avant d'arriver à ce moment, il fallait encaisser plusieurs heures de voiture avec un covoit' que je ne connaissais bien évidemment pas. Timidité, anxiété, impatience, sièges qui font mal aux fesses : le cocktail parfait pour que la hâte d'arriver à Nancy soit plus grande que jamais.

Lorsque je suis arrivé sur place, une constatation un peu bête : « Bah Nancy c’est pas si différent de Paris en fait ? ». Bon, je n'avais pas visité le centre-ville pour le moment. Mais c'était quand même beau à voir, en prenant en compte que Paris, c'est globalement une belle ville… Je ne vais pas commencer à me mentir à moi-même sur ce sujet. Enfin bref, me voilà arrivé à la Machine, une péniche dans laquelle se situe un petit bar-concert à l’ambiance chaleureuse, géré notamment par F.T, l'un des gaziers de Déluge (post-black metal aquatique et soigné). C'est après quelques blagues et un verre d'eau citronnée que l'on accueille les groupes. Lypurá fait les choses dans les règles de l'art : beau petit van loué, tout beau tout propre, alors que Cassus n'en a strictement rien à foutre : tout rentre dans une Opel Corsa (qui du coup est une Vauxhall, celle-là c'est pour les amateurs – amatrices du monde automobile !). Mais en même temps, ça parait pas si compliqué, sans drum set. Tout le monde jouait sur la batterie d'Earth Moves, problème réglé :) !

On discute beaucoup avec les petits amours de BVDK, à qui on a proposé de faire leur premier concert ce soir, on refait le monde et on apprend à exécuter un dab avec classe et synchronisation autour d'une bière et du fabuleux houmous qu'Alex a préparé à la maison, en attendant que l’heure tourne et que chaque groupe joue son set. Plus les minutes passent, plus l'on se rend compte que la Machine reste désespérément vide… En effet, il y a bien peu de monde qui est venu assister au concert, en dehors des groupes, et c'est désolant… Je me rends compte que peut-être, la mort de l’engouement pour le screamo n'est pas qu'un problème parisien, en France… Mais en soi : qu’importe. On a passé un très chouette moment, et ce dès le set de Lypurá, malgré des restrictions sonores pénibles dues au voisinage. En aucun cas cela n'a découragé les allemands, qui ont donné un concert plein d'énergie, d'entrain, nous donnant envie de chanter avec eux… D'emblée, moi et Alex avons été pris de l’envie de chanter avec eux en sing-along « everyone is growing older, my fingers getting older! », chose que l'on a pas fait faute de timidité, mais qu'on a excessivement rattrapé le lendemain… Les curieux - curieuses et les deux reines du screamo français (des bisous à Luna et Alexandra ! <3) présent.e.s ont manifestement bien accroché à la musique des garçons, faisant se croiser les dérivations de la musique emo, la rendant aussi poignante qu'enjouée. Et de plus, malgré l'énergie déployée, ça joue et chante très juste ! Après cette démonstration de qualité, Cassus leur a succédé, pour proposer une musique beaucoup moins sympathique dans l'esprit. Eux, ils nous proposent un screamo beaucoup plus virulent, frontal, et rapide, très ancré dans les courants de pensée et d'actions actuels du mouvement. Et le mot est faible : ils nous ont mis une claque. J'attendais personnellement de les voir depuis longtemps, mon impatience a été grandement comblée : pendant 25 minutes, le groupe a enchaîné presque sans s'arrêter ses complaintes au vitriol, avec une force d'exécution impressionnante. De longs applaudissements ont ponctué la fin de leur set, qui n'ont fait qu'accentuer l'excitation et le taux d'émotions ressenties à la seconde par nous tou.te.s… À se demander si on allait survivre, haha !

Moi et Alex, on pensait mourir après la prestation de Earth Moves, qu'on attendait impatiemment… Personnellement, comme je vous le disais plus haut, je suis aveuglément fan d'eux depuis des mois. Voilà ENFIN le moment venu pour sing-along sur leurs morceaux en live ! Et c'était à la hauteur de mes attentes, là encore. Les anglais ont joué l'intégralité de The Truth In Our Bodies, et dans ce fond de cale (damn, j'ai même pas fait exprès de faire ce rapprochement avec le label…), l'espace paraissait bien plus imposant et brumeux… C'était aussi massif que sur disque, Mark était encore plus possédé par ses textes qu'il ne l'est quand je l'écoute chanter au travers de mon casque audio. Il fallait bien évidemment que je craque à un moment donné, sous ces kilos de catharsis et d'émotions accumulés depuis le début de la soirée, et c'est arrivé quand les garçons ont joué « Pia Mater ». Ce moment à partir de 6 :06, cette explosion de feels incontrôlée, cette rage expulsée du plus profond des tripes… À chaque fois, ça me tue. Eh bien ce passage, j'ai pu le hurler, enfin. Depuis le temps que ça me démangeait !! Et ce fût avec eux. Un chouette moment de communion, qui s'est poursuivi sur le final, avec ces deux phrases qui se répètent : « And I shouldn’t be here, and it shouldn’t have happened ». C'est quelque peu vidé d'un certain poids, et tou.te.s ébloui.e.s par le set d'Earth Moves, qu'on laisse les anglais se retirer, qu'on se remet de nos émotions, et qu'on attend tranquillement le dernier concert, celui des locaux de BVDK, qui jouent dans un registre radicalement différent. C'est très expérimental, à la croisée du black metal, de la trance, et de la world music. Concrètement, l’idée est chouette sur le papier : en plus d’une diversité très intéressante et complexe à rendre cohérente, elle prend à contre-pied les traditions quelques peu nauséabondes d'une partie de plus en plus importante du public et de la scène metal qui tendent vers le conservatisme, le nationalisme voire la xénophobie, à plus ou moins grande échelle. C'est tout l'inverse que nous proposent les jeunes gazier.e.s, mais il est plus difficile pour la petite audience encore présente d'accrocher à leur univers musical. La maîtrise, la richesse, l'originalité sont là. Je pense qu’ils ont besoin de bosser un peu sur cette cohérence dont je parlais plus haut. Que leur musique ne sonne plus « OVNI », qu'elle reste singulière mais qu'elle ne choque pas. J'ai plutôt confiance, ces messieurs dames prennent de l'expérience, ils - elle sont jeunes, ça va le faire. Quoique il en soit, ce fût une chouette soirée avec elle - eux aussi. On hâte de les revoir, que ce soit pour un concert, ou pour un verre, ou que sais-je.

C'est malheureusement sur un four que nous quittons la Machine : 18 entrées payantes… On est vraiment heureux d'avoir eu cette audience-là, mais évidemment, on aurait aimé que Nancy soit plus curieuse. Alex me disait que le concert de Suicidal Tendencies, qui se déroulait le même soir, avait vampirisé le public hardcore local… J'ai trouvé ça curieux, car le public de SxT est quand même relativement différent du public skramz en général… Le screamo à Nancy semble donc autant en léthargie qu'il l'est à Paris, c'est dommage. On a besoin d'y croire encore, mais c'est dur. On part à la maison avec la joie d'avoir vu un concert qui s’est déroulé à merveille malgré les contraintes de débit sonore, mais avec cette frustration que notre milieu n’est plus aussi vivace qu'il ne l'était il n'y a pas si longtemps encore, au final… On parcourt les rues de Nancy avec deux membres de Lypurá, et ça nous fait marrer de voir le bassiste ébloui par les parcs nancéens, les terrains de baskets environnants. Il pose beaucoup de question sur la ville, ce qu’y font les étudiants, sur la vie en général ici. C'était cool.

On arrive à l'angle de la rue ou habite Alex, pleine de vieilles barres d'immeuble, ça a son charme, c'est vachement plus beau et vivant que les barres HLM de banlieue parisienne. Les garçons de Earth Moves nous attendent en se marrant, avec de gros oreillers en main. Ils ont déjà tout prévu et le font bien ! Heureusement, il n'y a plus que quelques pas à faire, la maison est à quelques mètres, les sacs commencent à peser, et les Cassus nous attendent devant. On se pose à la maison, on arrive à caler 14 musiciens dans un salon, tout passe crème, ils sont contents, trouvent la déco vachement chouette, et moi aussi. Je me réfugie dans la chambre du couple, histoire de ne pas prendre trop de place, et à cause de ma timidité maladive aussi… Et on s'endort tou.te.s assez vite, je dois dire. Normal, la journée fût longue pour tout le monde.

J’ai l'impression qu'on s'est tou.te.s réveillé.e.s paisiblement le lendemain matin. On a passé une bonne nuit. Il faut dire que c'est très calme chez Alex et Maude. Les chat.te.s, Amanda et Wilson, se chamaillent et se sont tourné.e.s autour la nuit, mais ça restait plus mignon qu'autre chose. Je suis admiratif de Amanda : CE PELAGE, CES YEUX. Quand je me suis réveillé, les Lypurá étaient déjà partis. Il restait les Earth Moves et Cassus. Ils sont hyper agréables, ces garçons. En fait, ils ont tous eu l'air d’être doux et posés au réveil. Ça fait du bien, on se faisait du bien mutuellement à se réveiller tranquillement je crois, haha :) . Et moi, évidemment, je n'ai décroché quasi-aucun mot, retranché sur mon coin de sol à frénétiquement mettre à jour mon fil Facebook pour faire mine de m'occuper alors que je me réfugiais derrière ma timidité maladive et ma gêne de parler un anglais amateur. Alex est venu me chercher, car ça le préoccupait que je sois seul, et il avait raison. Je me suis joint à eux, toujours silencieux. Et tout le monde est parti, tranquillement, les groupes ont repris la route, et je suis parti avec Alex rejoindre Maude, pour manger un bout, et me faire charcuter le torse pendant 4 heures, pour au final me faire encrer son interprétation de l'artwork de Riala, ce fabuleux disque de Suis La Lune. Et y’a pas à dire, elle a fait un boulot fantastique…

À la fin de la journée, Alex et moi étions rincés. Moi à cause de ma séance de torture, lui parce qu'il a couru partout, essentiellement pour s'occuper de tou.te.s ses proches. Mais croyez-vous que cela nous a arrêtés ? Pensez-vous. On avait en tête ce fest qui se déroulait le week-end qui arrivait, le Fiducia Fest. Le même line-up que Jeudi soir, mais avec en plus Rope, Soul Structure, Wayste et La Petite Mort / Little Death. On a hésité, on a dit non, on a vu que c'était 10€, on a calculé le trajet, on a pris la route le lendemain matin. Serions-nous fous ? Je vous répondrais simplement : « WE ARE DESPERATE KIDS DOING EXTRAORDINARY THINGS ! ». On aurait aimé prendre deux amies avec nous mais elles n'étaient pas disponibles. On part vers Mülheim avec un peu de peine de les laisser en rance, mais on est quand même vachement excités par cette nouvelle petite aventure improvisée. On prend une baguette pour le chemin, et c'est parti ! Bon, j'avoue, on a triché : on s'est arrêté pour prendre un café et trouver du Club-Mate. Il s'agissait de ne pas mourir d'épuisement sur le chemin, haha ! On a pas trouvé de Club-Mate, en revanche le café a coulé à flot dans mon corps, quand Alex a joué la carte du raisonnable, petit lait de soja-vanille. On a continué notre route tranquillement, longeant les autoroutes allemandes ma foi très ennuyeuses, et les petites routes laissant voir des paysages vraiment BEAUCOUP plus beaux. Que ce soit par le passage obligé par le Luxembourg ou les petites bourgades allemandes, qui de surcroît furent embrumées, c’était magnifique à voir. Un chouette moment de détente et d'évasion… Mais l'impatience était de plus en plus grande, et on avait de plus en plus mal aux fesses, haha ! L'arrivée à Mülheim, dans ce bout de rue balisé par les tags anarchistes qui signalaient le lieu du concert, a été un soulagement relatif, que ce soit physique ou mental… LA DÉTENTE, ENFIN. Et forcément, il a fallu qu'on arrive 1H30 à l'avance, hahaha ! On s'est retrouvé avec les groupes qu'on avait laissé la veille, heureux de nous revoir ici, on l'était aussi. C'était chouette de les retrouver hors de notre pays morose, en des lieux vachement plus propices à la fête. L’AZ Mülheim, c'est un genre de squat, très bien entretenu, magnifiquement décoré, clairement anarchiste, antifasciste. Tellement revigorant de redécouvrir ce genre de lieux qu'on a vraiment plus beaucoup chez nous. Tant qu'on y est, profitons du temps qui nous est donné. Mais ce temps fût d’abord bien long pour l'attente entre le temps où nous sommes arrivés sur place et le début des concerts. À part les groupes, on ne connaissait personne ! Et entre deux timides, bah… C'était THE awkward moment haha ! Le premier Club-Mate de la soirée, qu'on a bu pour passer le temps, nous a un peu aidé. Mais les choses se sont vite détendues lorsque le premier groupe est monté sur scène. C'était Lypurá qui ouvrait la soirée, et première constatation : ça joue deux fois plus fort qu'à Nancy. On a pas caché notre joie à vrai dire, on se disait qu'on allait pouvoir pleinement profiter de leur show ! Et justement, les allemands ont encore mieux joué qu'à Nancy, c'était beau à voir. On a voulu tenter le sing-along là aussi, sur ce « everyone's growing oldeeer », mais rien à faire, on a encore été paralysé par la timidité, haha ! Après ce premier concert qui nous a clairement convaincu que le trajet et l'attente en valait la chandelle, on a un peu fait le tour de la bâtisse pour voir ce qu'il s’y tramait ce soir, ce qui fait sa personnalité, son attrait. On a trouvé le stand de merch dans un grand espace qui s'avère être… Un skate park ! On a pas mal halluciné, d'autant plus qu’il fait face aux cuisines. Beaucoup trop cool, haha ! À notre grande joie, Ingo de I.Corrupt Records avait apporté sa distro, mais pas pour celle de notre porte-monnaie… Bon j'avoue, je me suis retenu, mais Alex a fait de belles trouvailles : le dernier LP de Amygdala et une chouette compilation 2 x 7" avec entre autres un morceau de The Death Of Anna Karina. Toujours un plaisir d'éplucher sa distro, Ingo a toujours de chouettes disques… Et c'est un garçon bien cool !

Cette petite halte au merch terminée, on est bien évidemment parti reprendre un Club-Mate, pour ensuite retourner dans la salle de concert pour y voir Wayste, un groupe local qui nous a mis une belle claque. Adam of Lingua Nada m'en parlait souvent, il me disait « Wayste c'est l’avenir du hardcore mon gars ! ». Alors c'est pas le futur, mais c'était quand même bien cool. C'est un genre de hardcore frontal, chaotique, qui cognait sec, avec quelques relents screamo. Ils ont mis tout le monde d'accord, pas un mot, juste la bouche bée et les cervicales en miette. D'autant plus que le contraste avec le groupe d’après allait être assez puissant : c'est Rope qui arrivait juste derrière. Leur truc à eux, c'est un post-hardcore tranquille, rutilant, et qui se joue avec BEAUCOUP de fuzz. Un peu comme si Self Defense Family avait choisi de faire du Cloakroom. Alex était impatient de les voir, et j'étais bien curieux également. EH BIEN COMMET DIRE QU’ON A ÉTÉ QUELQUE PEU CONTENTS ??? Oui, autant d'enthousiasme que ça, tout à fait. Mais en revanche, les anglais en avait gros sur la patate : les flics ont embarqué leur van à la fourrière car ils se sont garés sur une place réservée à un marché, et ils avaient 300€ de frais à débourser pour le récupérer… Ils l'avaient légitimement de travers, et ça s'est ressenti dans leur prestation. C'était tendu au possible, mais également plein de passion. Tout le poids de leur frustration, de leurs colères respectives, mais également de tout ce qui fait le côté plus délicat, artistique, romancé, de leur musique, tout est ressorti sous ces formes d’écumes sonores pachydermiques venant s'échouer sur nous. C'était un moment ou tout semblait quelque peu suspendu dans l'espace-temps. Et tout semblait violemment retomber à chaque riff, pour aussitôt repartir en apesanteur lorsque le frontman déclamait ses complaintes d'un chant piquant, puis transcendant. C’était vraiment chouette, ce set. Et on avait beaucoup de peine pour eux… Je voulais leur prendre une tape, pensant que celles qu'ils avaient étaient leur album, mais non, il s'agissait d’un single sorti avant… Bon, c'était le moment un peu déprime du soir, heureusement que La Petite Mort / Little Death arrivait juste après. Il me tardait de les voir, j'ai adoré leur set au Miss The Stars Fest 2016, j'adore leur math-skramz tout fou, qui par moments me rappelle pas mal les Blood Brothers. Puis ils ont l'air tellement sympas et rigolos ! Et ça s'est encore vérifié ce soir. Ils sont tout jeunes, ils débordent d’énergie et d’insouciance, et ça se sent dans leur façon de jouer, de chanter. Et quel talent ! Leur set est allé hyper vite, c'était impressionnant.

Il ne restait plus que 3 groupes à voir. Et l'un d'eux fût une énigme pour moi et Alex : Soul Structure. Si j'ai bien compris, le groupe faisait son ultime tournée, et en profitait pour jouer au Fiducia Fest. Je n'avais écouté qu'un ou deux morceaux, et je n'étais pas très fan… C'est un genre d’emo / post-punk très saccadé, avec des guitares en clean, mais ça manque de catchiness, selon moi. Mais j'attendais tout de même de redécouvrir ça, car ce genre de musique prend tout son sens en live. Pour leur set, un sans-abri est venu se mêler au public. Il était manifestement ivre, mais essayait de rester respectueux des gens autour. À chaque chanson, il s'imaginait jouer du violoncelle, il jouait de son instrument imaginaire avec fougue et passion, on dirait qu'il en a beaucoup joué avant de finir à la rue… Il dansait beaucoup, aussi, ça me faisait penser à de la danse contemporaine. Le frontman de Soul Structure lui a souvent tendu sa guitare, est souvent venu près de lui. Le bonhomme n'a eu aucun problème à profiter du concert, c'était chouette à voir. À Paris, il aurait sûrement été mis à la porte depuis longtemps… Comme je me l'étais imaginé, Soul Structure s'apprécie mieux en live. Selon les morceaux, Ils m'ont donné envie de me replonger dans leur discographie. Je retenterais de les écouter avec attention bientôt, je pense.

En attendant, mon excitation était bien trop grande : Earth Moves devait jouer juste après, et j'étais on ne peut plus heureux de le revoir. Alex l'était aussi ! On a pas bougé de l'espace de concert, en attendant qu'ils s'installent, gardant jalousement nos places tout devant. Pendant les dernières balances, Samuel nous a joué le riff principal de « With Wings Of Feather And Glue » de Suis La Lune… MAIS SAMUEL PLEASE, j'étais déjà assez niais comme ça :’) ! Quelques minutes après, les voilà prêts à jouer, et l'envoûtement fût encore plus grand que lors de leur set nancéen. Ils avaient une marge plus grande pour étaler leur mur de son onirique et massif, et en ont largement profité. Là aussi, je me suis mis au sing-along. Ça fait du bien d'oublier sa timidité, dans ces moments. Mais bref, je ne m'étalerais pas sur moi, c’était une chouette chance de les revoir aussi vite, et dans un tel lieu. J'espère que la troisième, ce sera pour bientôt…

Il nous restait un dernier groupe à voir, un dernier exutoire, qui allait mettre tout le monde d'accord, et qui était très attendu des festivalier.e.s. Je le dis au début de ce texte, Cassus est l'un des tout meilleurs groupes de screamo anglais actuels. Y'a une colère, une intensité éprouvante et captivante, une musicalité certes très violente, mais également accrocheuse, paradoxalement. L'éternelle énigme du screamo. Fidèles à leur musique, à son contenu, la scène éclairée par des guirlandes disposées le long des amplis pour leur set, les anglais ont expédié en une vingtaine de minutes leur skramz au vitriol, désespéré, alerte. Un set qui nous prend aux tripes, qui recueille une forte attention de tou.te.s. Il fût bien difficile de les laisser partir, tant leur prestation a pris de court tout le monde. Comme si ils venaient de confirmer leur statut de highlight du screamo.

Il est maintenant l'heure pour Alex et moi de dire au revoir à ce lieu alternatif, qui rien qu'en une après-midi nous a tellement fait du bien au moral. On regrettait de rentrer dans cette rance morose, bientôt soumise à la débâcle électorale que l’on connait maintenant tou.te.s si bien. Mais on est quand même rentré le cœur léger, grâce à cette journée pleine d'émotions fortes et de débilités assumées… À moitié ! Et cette nuit passée à parcourir les longues routes à écouter les émissions de nuit des radios locales comme Radio Cosmos ou RPR1 nous ont fortement aidé à tenir le coup… Quelle radio française s’amuserait à faire s'enchaîner du jazz psychédélique et du gabber à 3H du matin ?? Je vous mets au défi de me trouver ça. Lorsque l'on est rentré sur Nancy, on a rebasculé sur Chérie FM, puis Skyrock… Un petit son bien ghetto montres en or de Lacrim pour se garer, tout ce qu'il fallait pour finir la soirée en catastrophe, et on rentre, même pas tout à fait fatigués de notre trajet, au final. Merci aux litres de Club Mate ingurgités !

Mais évidemment, on est quand même tombés assez vite, et le réveil fût dur. Tôt le matin, je devais prendre mon covoiturage dans une ambiance assez froide, tant dans le climat qu’auprès des gens que j'ai croisé dans le tramway. Je me souviens de ces deux mecs encore alcoolisés, qui s'en sont pris verbalement à un homme qui l’a bousculé sans le faire exprès. Je crois qu'il y a eu des mots racistes contre lui… Trop vite, je serais de retour à Paris. Ces quelques jours d'évasion étaient chouettes, ils ont rallumé la flamme du skramz en moi, qui quelquefois tend à perdre en lueur en fonction des humeurs. Même si on a constaté que cette flamme est bel et bien morte à Nancy, certain.e.s y croient encore. Alex y croit encore de tout son cœur, et ce genre de petit bonhomme est très, très important, dans la scène punk. Un énorme merci à lui. Pour m'avoir permis de vivre ses instants inoubliables et forts. Un gros pardon pour ma timidité maladive. D'ailleurs, ça vaut aussi pour les groupes, à qui j’ai pas beaucoup parlé, au final… En espérant revoir tout ce petit monde bientôt. 

vendredi 21 avril 2017

SULLA LINEA DE LA VITA

Marcovaldo

Why people make music?
Is it for themselves, is it for others, is it against politics, is it to show anger or sadness, is it to travel, is it to meet people, is it to avoid the past, or live one present moment?

I was touring in Italia last 2 weeks with my solo project MILES OLIVER, and I discovered so many bands and people that Guillaume from Le dictionnaire de l’emo asked me to write some lines about it.

For the last 10 years, I’ve been listening and loving bands like RAEIN, LA QUIETE, THE DEATH OF ANNA KARINA, an answering soul to french screamo’s dead body.
New bands like OJNE, NOYE came to my ears, as well as post hardcore bands from Sicily who looked for shows in Paris, or really good italian death metal, noise or crust bands seen live.

One day, I listened to BE FOREST, the shoegaze trio from Pesaro, a small city from the Adriatic sea’s coast. The river-flowing guitar riffs, high haunting voices and woody drums amazed me in this band. A good friend organized a show for them, and i spent a unforgettable lovely time with them last year in their own town.

The city can look boring with beaches and a golden pomodoro (tomato) but is full of musicians or DIY lovers, like ANGELO SAVA who released a amazing tape on COWARD RECORDS. He’s a solo noise shoegaze songwriting in Italian.

Angelo Sava

Angelo Sava makes you think about MY BLOODY VALENTINE with a wall of guitars reverbing his lonely melancholy in love with cats.


COWARD RECORDS is a A to Z label from Pesaro. They engrave their own Flexi vinyls, copy and cut their tapes, create their own covers/layouts/packaging, have a distro where you can buy Maximum R'n'Roll !! They once organized a matinee show on a Sunday morning with bands like SOVIET SOVIET and you could have a cup of caffè listening to bands live! One of their friend, SCRAPE Screenprinting is also doing beautiful screenprinting at home as well as good pastas :-)

COWARD RECORDS will soon release their tenth project: a new HAVAH ep. The object is just a bliss for ears and eyes: a masterpiece of collage and montage.

Havah's flexi disc

HAVAH plays kinda cold wave from Forli: A dark voice in a dancing rhythm and a flowing bass. Check them!! A new album is coming in September



Coward Records also released a magnificient debut from LUCY ANN COMB, recorded at the label's HQ. I had the honor to play a houseshow with him in Pesaro. The 19 year old singer and painter delivers an organic folk with a velvet voice and astonishingly maturity. 


The label is run by two music lovers: Luca and Nicola. Luca plays in LANTERN, an emoviolence band from Rimini, who knows how to breathe between violence and silence.


Nicola is the guitarist of BE FOREST and BROTHERS IN LAW. BROTHERS IN LAW is an indie rock trio from Pesaro, with a touch of The Velvet Underground, Soviet Soviet and a bit of surf rock touch. 


I had the chance to play at DIY Fest in Rimini's self organized Grotta Rossa with bands like ZEUS, HAVAH, MARCOVALDO, LABRADORS, CRTVR. Bands that French people barely know.

A friend gave me MARCOVALDO's last CD and told me: "You have to listen to them". Ok, right, the cover is super cool, I'm tired of listening to the same cd's or phone's library when you drive 4 hours a day on tour.

And then... Do you know many bands that gives you a slap in a face within 10 seconds? That's how I reacted when I first listened to their last E.P. and for the next 20 times I listened to it and I shared it with my friends. A mix of emo/screamo with amazing guitar riffs, melancholic driving bass and astonishing drums. Wow!!!



Bologna was a city I wished to come back. Last year, Luca from Laboratorio L'isola, a DIY place away from the center, invited me to play at their spring opening outdoor show with many bands and a very cool electro afterparty. Luca is the singer from post hardcore band STORM {O}: loud bass, screaming voice, and tricky guitars for old school Cave In/early Converge/Drowningman lovers...



Between Rimini and Bologna is Forli, city of RAEIN, LA QUIETE, and also SERIMAL who are doing DIY screenprinting with true love. No need to present RAEIN but here is one of their albums.



In Milano, I enjoyed playing a show in the soon closing shop: SLAY. A second hand and home made jewelry shop where Camilla, the lovely owner, made everything disappear to let us play.

Miles Oliver at Slay

My old friend, Francesco, was there to host us. He's the new bass player of LEUTE's new line up. What is LEUTE? I would say post emo. Why? Because, they tend to play emo stuff with charming guitars and italian multiple voices. They will be soon on tour in France and are currently looking for missing dates.



During a Milano dinner with pizza/risotto, I met Pamela from emo punk's trio THE SMUDJAS. I always loved SLEATER KINNEY, but think about them mixed with SPORT and PRETTY GIRLS MAKE GRAVES... And you got THE SMUDJAS...



Crema is a small town 1h from Milan where Frank is organizing shows with passion. On a Sunday afternoon, I discovered 2 pop punk solo projects from Crema and Milan: NOMAD BY FATE and I LIKE ALLIE. If you like CHUCK RAGAN and TEXAS IS THE REASON.



Then Torino was next. Alessio from TUTTI IL COLORI DEL BUIO arranged a show in Da Emilia, a nice café concert in the center. TUTTI IL COLORI DEL BUIO plays punk hardcore with singing guitars. Alessio also runs a comic book shop, BELLEVILLE COMICS, in Torino, with his fiancee LUCIA BIAGI. She draws and writes colourful and powerful comics under her name.



That night I will play with Endi, whose solo band is called STARVING PETS. No song available on the web. Ok. The gig's poster is beautiful: good sign! Endi tells me he played in many bands before... Let's see tonight! After a few drinks on the Po River, he started his show after a 5mn soundcheck. How can you sound like THE NOTWIST/IRON AND WINE with just one guitar and one voice? That's what he did for 30 mn...

Still waiting for links to listen to STARVING PETS but here is his former band: FARMER SEA.



It was already time to leave Italy, but a day off allowed us to last our italian trip in Aosta Valley. We randomly stopped in the mountains (1500mn alt), and knocked at a door, to finally play a show for a couple who were preparing their hostel for summer. I saw the P.A. and asked them for a night sleep in exchange of a show just for them. We embraced fresh air, joy, food and wine with them and woke up staring at the Alpes beauty with a good caffè.

Les Alpes


I play music for these moments.




Miles Oliver