mercredi 4 janvier 2017

Avec "Heavenward", Youth Funeral explore encore plus la douleur et la peur.



Vous l'aurez remarqué, j'ai été très peu actif ces derniers temps. J'ai totalement perdu le rythme. Et il y a des raisons à ça. Une sévère procrastination quasi-maladive, couplée à de l'anxiété, des soirées passées à errer dans mes pensées et à chercher qui je suis, entre autres. Mais hey, je suis encore là. Et pendant ces périodes troubles, j'ai eu de parfaits compagnons musicaux. Ce disque en fait partie. Formé en 2013, Youth Funeral a déjà sorti plusieurs releases, dont la dernière en date, I Would Do It All The Time, révélait précisément ce qu'allait contenir Heavenward : une balance entre chaos hyperactif, furieux et brusque, et mélancolie contrôlée, lancinante, voire même traînante. Chez Youth Funeral jouait Raph Bastek, soit l'un des membres de Old Gray, jusqu'à l'excellent EP See You When I See You. Il n'est plus présent, mais l'identité du groupe n'a en rien été changée. J'attendais impatiemment ce disque, tant See You When I See You m'avait marqué, et je n'ai pas du tout été déçu... 

On retrouve les mêmes balances entre mélodies crève-cœur, aussi puissantes que douces, et des avalanches de rythmes et de guitares aussi chaotiques que dissonantes, sans pour autant que l'on se retrouve plongé dans du mathcore primitif... Non, là, on est simplement dans la vision la plus extrême du screamo sans que cela parte dans le tricotage ou le n'importe quoi. En fait, pensez à 3 groupes : Ampere pour le côté spontané et concis, Loma Prieta pour le côté expérimental et "bagarre avec distance de sécurité entre emokids et skrampas", et Takaru pour l'ensemble. C'est en gros un bon name-dropping pour vous mettre dans l'ambiance.

Ce disque, il est nourri à la peur, l'anxiété, la dépression... Comme le dernier Old Gray. Mais les deux disques sont assez différents : alors que Slow Burn est essentiellement basé sur le thème de la perte, la mort, le suicide, les textes de Heavenward se veulent plutôt orientés vers la peur et les troubles liés aux relations qui tournent mal, toute la peine, le doute, la perte de confiance en soi que cela peut engendrer. Ils sont courts, vont à l'essentiel, proposent de petites rengaines qui restent en tête et symbolisent concrètement des états d'âmes. Définitivement.



"Fear will be the death of me" -  "Only In Sleep Safe".

On retrouve les éléments qui ont fait la qualité et la puissance de leur second EP, mais il n'en pas pour autant une bête copie. Ils sont ici savamment poussés à l'extrême, tout en proposant un groove issu du pan un peu plus "violent" du hardcore, ces cordes à vide qui viennent apporter un poids supplémentaire sur les épaules de l'auditeur - de l'auditrice déjà étouffé par cette constriction (l'attaque Pokémon est un sacré bon exemple), potentiellement pris de cours par ce lot d'émotions brutes, et cette atmosphère pesante. Ce que j'aime profondément et ce qui me donne les larmes aux yeux et me fait serrer les poings sur "Confidante", je le retrouve ici, sur "Unthought", sur "Only In Sleep Safe", sur "Perfume"... Oui, cette urgence cathartique, où le chaos et le désordre ne se font pas repoussantes à l'oreille, celle qui te prend à l'âme, qui creuse au fond de ton cœur et ressort par ta poitrine, ta peau, tes yeux, tels des lames tranchantes te rappelant la douleur que c'est d'être, de ressentir.

Mais comme toujours avec le screamo bien fait dans le registre cathartique, cette douleur n'est pas néfaste. Elle encourage à se vider de ses démons, à les côtoyer pour mieux les recracher, à les abattre avec virulence. Après tant de conflits, on a même le droit au répit, à la sérénité, avec "Bloom". Même si, comme en témoigne ces petits accords très légèrement dissonants, le trouble n'est pas loin. La paix intérieure, elle peut s'embraser à la moindre étincelle. Et c'est ce que rappelle le titre suivant, "Armors"...

J'attendais ce disque avec beaucoup d'impatience, curieux de savoir où pourraient m'emmener ces garçons, où allaient-ils repousser leurs limites... Ce disque a eu exactement l'effet que j'en attendais : me donner l'envie de me battre, de me résigner, de pleurer, d'hurler, de me rebattre, de me reposer, d'y croire à en toucher le désespoir, à n'en plus pouvoir.

Bisous.




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mardi 3 janvier 2017

Heritage Unit est un bel héritage de l'emo d'antan.



J’avais dit que je revenais en 2017 pour la renaissance du blog. Nous sommes en 2017, mais le blog n’a pas encore connu sa mutation, je triche un peu, car je viens enfin de rattraper mon retard sur l’écoute de ce disque, et j’en suis heureux. Cet éclair de conscience m’a permis de découvrir un disque que je suis par conséquent heureux de vous faire découvrir, tellement il rend ses lettres de noblesses à l’emo. Ce disque, c’est le premier album de Heritage Unit, Everything Made Obsolete. Je connais de mieux en mieux l’un des musiciens du groupe via les internets et un groupe Facebook de partage de musique ou se croisent plusieurs skramlords. Il s’agit d’Omar, et est un vrai mordu d’emo, et ne se cache pas de le dire assez souvent sur Facebook, et je le soutiens entièrement dans sa démarche… Il aime tellement ce genre musical qu’il le joue à merveille avec ses bandmates, avec une passion débordante. D’ailleurs, grâce à lui, j’ai découvert Boilermaker, et je l’en remercierais jamais assez.

Cet album d’Heritage Unit nous fait remonter le temps, vers cette époque où l’emo était encore du punk hardcore imprévisible, tendu au possible, mais ou la sensibilité se frayait un chemin, et donnait du sens et de la subtilité dans ce chaos. C’est ce qu’ont tenté de reproduire les garçons, en y ajoutant leurs influences plus « actuelles ». Et ça marche très bien : le groove, l’énergie, la tension, la surprise, la sueur, la folie, le stress, la spontanéité… Toutes ces émotions, ces caractéristiques se mêlent dans un fracas incontrôlé, mais pas désarticulé. Une rage adolescente, qui bout continuellement sur ce disque, en laissant s’échapper quelques instants de calme.  Des compositions clairement inspirées par le post-hardcore à la Drive Like Jehu, par la colère sensible de Yaphet Kotto, et par l’emo pur jus early 90’s en règle générale.

Un cocktail détonnant, qui nous prend à la gorge dès le premier titre, « You don’t deserve my passion », et qui se fait moins acide en s’écoulant, à partir du morceau suivant, « Zero equals pedestral », l’un des tout meilleurs morceaux du disque, où l’on retrouve l’ensemble de l’univers du disque, des changements d’ambiance et de mood trépidants, entraînants, et ces cassures dignes d’un grand cru du post-hardcore qui donnent envie d’hurler, de détruire des trucs, à défaut de pouvoir faire la même chose avec la société et nos vies. On ne se perd pas dans des expérimentations qui seraient un peu trop personnelles, on est réellement dans de la spontanéité plus que de la technicité, au final. Ce qui en fait un disque accessible dans sa complexité. Comme un bon vieux disque de punk post-Revolution Summer :) . « Piss angel bathroom magic », au-delà de son titre random assez chouette, est un parfait moment d’intrigue, de tension, de post-hardcore haletant, en équilibre sur un fil conducteur qui ne cesse de menacer de céder, mais qui tient bon, malgré l’intensité qui ne fait que monter crescendo. Une intensité qui devient sarcastique sur « Don’t hesitate », où des rires malicieux et de l’entrain viennent se mêler au coup de poing sonore. « ha-ha, ha-ha-ha, begging boy, hands up, do a dance, clap your hands, clap your hands, do a dance! Is this sorta what you wanted ? »

J’ai été surpris par ce disque, que j’ai découvert après avoir bouclé mes tops de fin d’année, mais qui aurait eu toute sa place à l’intérieur, bien évidemment. Comme d’autres disques que j’ai oublié d’insérer dans ces tops d’ailleurs, haha. À priori, un nouveau disque sortira en 2017, il me tarde de le découvrir tant Everything Made Obsolete m’a fait plaisir. Il est autant anxieux qu’il est fun, et c’est pas souvent qu’on entend un contraste du genre et de qualité. Merci messieurs…

Bisous.



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lundi 26 décembre 2016

Les tops 2016 du dictionnaire de l'emo.



On le sait tou.te.s, 2016 a été une année horrible, sur tous les points. Mais forcément, ce climat nauséabond, ce désastre social, cette déchéance lente et douloureuse, a alimenté le discours du punk, du hardcore, du metal, de leurs sous-genres respectifs… Et cela a donné une année riche en découvertes, en émotions, en frissons, en colères, en catharsis, en volonté d'aller de l'avant et de reprendre les choses en main, notamment au niveau des positions féministes et du soutien des minorités. Une année pendant laquelle il aura été enrichissant, nécessaire, d'écouter ces disques. Pour trouver la force d’affronter et renverser ce monde qui nous annonce des jours plus sombres que jamais, de s’en échapper et d’en rire aussi. 2017 risque d’être pire encore que 2016, il faut s’y préparer. Ces disques auront et seront toujours une bonne base pour nous aider… Il n’y a pas particulièrement d’ordre pour chaque catégorie, j’aime pas trop ça.

J’ai l’impression de m’être un peu plus ouvert musicalement, au vu de ce qui se retrouve parmi les disques favoris de cette année. Je me suis trouvé un petit peu d’amour pour le surf rock, puis un retour un peu plus assumé vers le metal. Mais, encore une fois, c’est tellement difficile d’établir un top :(

Il y a aussi une grosse liste alternative, celle de tout les autres disques que j'ai découvert et aimé, à différentes échelles, cette année. Certains dont j'aurais dû vous parler, et que je n'ai pas encore fait... D'ailleurs, le MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #3 que je n'ai pas encore fait, il paraît sous la forme de ce top 2016, car il y a quand même un sacré tas de disques à découvrir dans le lot. Ce que j'ai préparé jusque là en termes d'écrits se retrouvera dans le #4. :)

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What a painful year. As we all know, 2016 was a horrible year on all points. But inevitably, this nauseous climate, this social disaster, this slow and painful degradation, fueled the discourse of punk, hardcore, metal, and subgenres of each... And this gave a year rich in discoveries, In emotions, in chills, in anger, in catharsis, in willingness to move forward and take things in hand, particularly in terms of feminist positions and the support of minorities. A year in which it will have been enriching, necessary, to listen to these bands. To find the strength to face and overthrow this world that reserves us darker days than ever, to escape and laugh too. 2017 is likely to be even worse than 2016, we must prepare for it. These records will and will always be a good base to help us ... There is not particularly order in each category, I don’t like it.

I feel like I'm a little more open musically, considering the among of records I enjoyed this year in tons of music genres. I found a little bit of love for surf rock, then a more assumed return to metal. But, again, it's so difficult to establish a top… :(

There is also a big alternative list, that of all the other records that I have discovered and loved, at different levels, this year. There's records I planned to review, but haven't done anything yet ... And hey, I decided that the MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW # 3 that I haven't finish to write is now out in the form of this 2016 top, because there's still a freaking lot of records to discover in this one. What I have prepared so far in terms of writings will be in the #4, because it's better to explain with love why we listen to a record. :)


TOP 20 ALBUMS :








































TOP 5 EPs :













Mes autres découvertes et coups de cœur 2016 -
My other discoveries and crushs of 2016 :



don't hesitate to open the image in another page to zoom on her!

jeudi 6 octobre 2016

MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #2



RESPIRE - S/T



Vous pensez que le post-black metal tournait en rond ces derniers temps ? Vous êtes du même avis pour le screamo ? Je pense que ce disque vous fera du bien. Respire propose avec son self-titled un mélange intense, compact, et intelligemment dosé entre ces deux univers musicaux, et a également décidé de voir plus loin que ça en intégrant à leur musique de régulières notes… De trompette. Oui oui, c'est (enfin ?) possible. J'ai eu extrêmement peur du résultat avant de me décider à écouter ce disque, intéressant sur le papier mais pas évident à concrétiser sans que cela sonne comme trop aléatoire ou brouillon, où qu'on se dise « OK, c'est du American Football gueulé et blasté quoi ». Et puis le charme a opéré au bout de quelques écoutes. Concrètement, imaginez-vous le dernier album de Foxing, Dealer, qui aurait été librement influencé par le screamo, et vous obtiendrez le résultat surprenant de ce S/T réussi, étonnant et prenant. Ces trompettes sont ce petit plus qui décuple la force d'impact de ces pièces aussi touchantes que virulentes. À ne surtout pas manquer si vous aimez les petits défis musicaux.

You think the post-black metal is spinning in circles lately? You have the same opinion for the screamo? I think you'll love this record. Respire offers with its self-titled an intense mix, compact and smartly dosed between these two musical worlds, and they also decided to see even beyond that, by integrating... Notes from trumpet. Yep, it's (finally?) possible. I was extremely afraid of the outcome before I decided to listen to this record, interesting on paper but not easy to achieve without this sounds like too random, or something that should make us say "OK, it's American Football with yellings and blast beats". And the charm has operated after a few listens. Imagine the last album of Foxing, Dealer, that would be freely influenced by screamo, and you will get the surprising result of this successfully, surprising and addictive LP. These trumpets are that little extra that multiplies the impact force of these parts as touching as virulent. An album you shouldn't miss if you like small musical challenges.

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4 WAY SPLIT - 5000, RÛTH, ILILL, ISTILAH


On le sait depuis longtemps, le Japon est une terre promise en termes de screamo, mais la plupart de ses groupes se font très discrets (ou souffrent des internets locaux pas si perfectionnés qu'on peut le penser en Occident). Ce split, qui ne casse pas la tradition (communication assez inexistante en dehors du post d'Idioteq.com, et groupes au top), c'est un peu un résumé du contenu de la scène screamo nippone : du plus violent au plus mélodique, des atmosphères délicates au chaos dissonant. 5000 ouvre le bal avec son emoviolence sans compromis, mais toujours hautement mélodique et mélancolique, quoique « Melody Good Speed » se veut chaotique, un peu à la Louise Cyphre. Rûth suit avec un ton plus moody en rappelant les cascades de riffs / rythmes des premiers Envy, la chaleur et la fragilité de Suis La Lune, le tout avec un chant pas mal influencé par la scène française, Daïtro en premier. Ilill nous propose un univers plus axé post-hardcore roots, tout en rage contenue, une tension palpable mais savamment distillée sur la longueur, la douceur, la mélodie, un ensemble qui atteint son paroxysme avec « ai ». Et Istilah conclut ce disque avec deux titres d'un screamo somme toute classique, mais efficace, qui rappellera Raein, entre autres, dans cet élan de mélodies furieuses et saturées. Sur ce split, il y en a pour tout les goûts, pour toutes les nuances de colère et de tristesse. Un beau témoignage de l'underground nippon, qui prouve encore une fois que beaucoup de choses ont l'air d'aller de travers, dans ces contrées qu'on idéalise par sa pop culture.

We know since a long time that Japan is a promised land in terms of screamo, but most of these bands are very discreet (or suffer from the local internets not so sophisticated as it sounds in Europe). This split, which doesn't break the tradition (pretty nonexistent communication outside the post of Idioteq.com, and bands at the top), it's a little summary of what is the Japanese screamo scene in 2016: the more violent to the more melodic  delicate atmospheres and dissonant chaos. 5000 opens the ball with his uncompromising emoviolence, but always highly melodic and melancholy, though "Melody Good Speed" is more chaotic, a bit like Louise Cyphre. Rûth follows with a moody tone recalling the waterfalls riffs / rhythms of the first Envy, heat and fragility of Suis La Lune, all with a song quite influenced by the French scene, Daïtro at first. Ilill offers us a sound more focused on post-hardcore roots, with a contained rage, but a palpable tension expertly distilled lengthwise, sweetness, melody, that reach the climax with "ai". And Istilah concludes the disc with two screamo songs altogether traditional, but effective, that will remind Raein, among others, in this burst of furious and saturated melodies. On this split, there's something for everyone, for all shades of anger and sadness. A fine example of Japanese underground, which proves once again that many things appear to go wrong, in this that we idealize through its pop culture.

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CAPELIGHT - S/T


Ces garçons auraient pu figurer sans problème sur la compile dont je vous parlais juste avant. Capelight est un génial groupe de screamo qui propose une musique assez éprouvante à jouer et écouter. Beaucoup de mélodies, mais très peu de respirations. Un ensemble brut (ça s'entend notamment dans la production à l'arrache), sonnant un peu "euro screamo" comme disent les américains du skramz. C'est très prometteur, et on prend un plaisir fou à écouter ces 3 titres. Il me tarde de découvrir les prochaines releases des japonais. Définitivement la terre promise du screamo.

These boys could have been included without any problem on the compilation I mentioned just before. Capelight is a great screamo band that offers a pretty challenging music to play and listen. Many melodies, but few breaths. The whole thing sounds pretty raw, and a bit like "euro screamo" as american skramz people say. It's very promising, and we take great pleasure to listen to these three songs. I look forward to discovering the next releases of this band. Japan is definitely the promised land of screamo. But not only...

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NARCIA - S/T



Eh oui, encore et toujours le Japon, mais cette fois-ci pour parler d'une découverte inattendue d'une nuit d'automne. Le copain Albert de chez Form Und Leere a partagé cet EP sur un groupe Facebook anglais, et d'autres copains ont dans la foulée partagé ceci avec plein d'enthousiaste : voici Narcia, un groupe japonais complété par Noah Sebek, un américain, qui d'après la description de la page bandcamp des garçons, a débarqué au Japon pour rencontré Shun, qui jouait dans l'excellent groupe de math-rock / post rock Origami JP (leur titre "Japan" est incroyable), et dont Noah était fan. Ce dernier est retourné aux USA pour ses études, mais le groupe a tout de même tenu à mettre en ligne les 5 titres composés durant leurs trois mois d'existence... Heureusement, à priori, aucun split en vue :) ! Tout le long de cet EP, enregistré en total DIY dans une chambre, on navigue entre douceur, chaleur, et quelques soubresauts inspirés du math-rock, voire du screamo. Un petit zeste d'American Football par ici, de Totorro par là, avec un soupçon de Empire Empire (I Was A Lonely Estate), le tout réuni sur la géniale "Path", un final acoustique nommé "Lighthouse" qui conclut l'album sur une note encore plus tendre... C'est tout doux, super sincère, et je suis déjà fan. Merci à eux et merci Albert !

Yes, again and again Japan, but this time to talk about an unexpected discovery of an autumn night. Albert from Form und Leere shared this EP on an english facebook group about screamo, and other friends have also shared this the same night: Here's Narcia, a Japanese band completed by Noah Sebek, an American, which according to the description of the bandcamp page of the boys, landed in Japan to meet Shun, who played in the excellent math-rock / post rock band Origami JP (their song "Japan" is 100% wonderful), and that Noah like very much. He returned to the US for his studies... Fortunately, a priori, there's no split :) ! And they decided to upload the 5 songs they have composed during their three-months existence. Throughout this EP, with a 100% DIY recording in a room, we navigate between sweetness, heat, and some math-rock or screamo ideas. A little touch of American Football here, a Totorro thing there, with a hint of Empire Empire (I Was A Lonely Estate), all gathered on the great song "Path", an acoustic final named "Lighthouse" which concludes the album on an even more tender note... Wow, it's sweet, greatly sincere, and I'm already a fan. Thank you to them and thank you Albert!

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ABRE LOS OJOS - DEMO


Il semble se passer pas mal de choses cette année dans la scène française, et ça c'est cool. Abre Los Ojos (en français « ouvrez les yeux ») nous vient de Bourg-en-Bresse, et compte dans ses rangs Denis, batteur de Tobaïas, et Nicolas au chant, l'homme derrière le label Suck & Cut. Et le truc, c'est qu'on a pas seulement affaire à du screamo… Déjà, si l'on se fie à la biographie du groupe sur leur page Facebook, les influences vont de Birds In Row à Orchid, en passant par Ekkaia et… Gojira. J'aime l'idée, mais j'étais bien curieux de savoir comment du metal très travaillé et technique pouvait se mélanger à du skramz ma foi fort spontané et brut de décoffrage. J'arrive pas trop à saisir où cette influence précise peut se situer dans leur univers, j'y entends surtout des soubresauts crust punk, des petites cassures hardcore presque baston, parmi une dominante french screamo… Un bon petit essai qui ne plaira tout de même pas à la plèbe du metal français, mais qui montre une envie de se démarquer, nourri par une énergie et une envie chacun tenaces, des propos à l'image du ton général : court mais concis, taillé à la serpe, au vitriol, virulent et forcément triste. Bravo messieurs, au plaisir d'en entendre plus ! "Jeunesse sans vie, jeunesse meurtrie, perdu d'avance, depuis l'enfance. Jeunesse sous-vide, jeunesse avide, vivant d'abstrait. Nous brisons l'ennui, tiré dans l'abysse. Au coin d'une nuit, vomissant nos vices. Salis, meurtris. Et cette couche de crasse, devient plus épaisse. Salis, meurtris."

It seems to happen quite a lot this year in the French scene, and that's cool. Abre Los Ojos ("open your eyes") comes from Bourg-en-Bresse, and has in its ranks Denis, drummer of Tobaïas and Nicolas at singing, the man behind the small label Suck & Cut. And the thing is, with them, we're not only dealing with screamo... If we rely on the band's biography on their Facebook page, their influences range from Birds In Row and Orchid, to Ekkaia... and Gojira. I like the idea, but I was curious about how a very technical metal stuff could be mixed with very spontaneous and raw skramz. I'm unable to grasp where this precise influence can be in their sound, I mostly hear crust punk, small hardcore jolts, with a french screamo touch... A good demo that the pleb of french metal scene will not like, but it shows a desire to stand out, fed by an energy and a desire each tenacious, like the general tone: short but concise, rough-hewn, vitriolic, virulent and necessarily sad. Congratulations gentlemen, looking forward to hear more! "Jeunesse sans vie, jeunesse meurtrie, perdu d'avance, depuis l'enfance. Jeunesse sous-vide, jeunesse avide, vivant d'abstrait. Nous brisons l'ennui, tiré dans l'abysse. Au coin d'une nuit, vomissant nos vices. Salis, meurtris. Et cette couche de crasse, devient plus épaisse. Salis, meurtris."

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SCARED OF EVERYTHING - 2016


Oh mon dieu, quel bon souvenir du Miss The Stars Fest II. Ces garçons m'ont mis une grosse claque : Scared Of Everything, le skramz tel qu'il se vivait il y a 10-15 ans dans les caves américaines, sur une lame de rasoir, hurlé à l'unisson, les corps se mouvant jusqu'à l'épuisement moral plus que physique. Sur leur nouvel EP sobrement intitulé 2016, j'ai retrouvé l'énergie et la rage de vivre, de vaincre, que j'ai retrouvé en les voyant jouer à Berlin. Un screamo cathartique certes, mais également combatif et moshable avec ses petits plans hardcore un peu plus bagarre. C'est court mais concis, on sait où on va : droit dans le mur, pour mieux l'exploser. Peu importe si l'anxiété nous bouffe, on peut la croquer sur le chemin. C'est le message de ce disque. Faisons de cette vie un festin.

Oh my God, what a good memory of Miss The Stars Fest II. These boys just gave me a big slap: Scared Of Everything, the skramz as it was lived 10-15 years ago in american cellars, on a razor blade, yelled in unison, bodies moving until moral and physical exhaustion. On their new EP simply titled 2016, I found the same energy and the will to live and to overcome, that I found by seeing them play in Berlin. A cathartic screamo, but also combative and moshable with those small hardcore shots. It's short but concise, and we know where we are going: straight into the wall, to destroy it better. Regardless if anxiety ate us, we can also ate her on the way. This is the message of this record. Let this life, this fight, be a fucking party.

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SORDIDE - La France a peur


Mesdames et messieurs, voici le disque qui résume le mieux la France en 2016. Par ailleurs, il est sorti avant les vagues d'attentats de 2014 à 2016 qui ont secoué le pays et qui l'on rendu encore plus stupide, et pourtant il transpire autant que les fous du porc label Le Pen à la vue d'une personne à la peau colorée. Ce groupe porte très bien son nom : le premier album de Sordide est sale, anxieux, grinçant, boueux, violent, extrême. Tout ce qu'évoque le simple fait d'évoquer de notre pays. Rappelez-vous de ce morceau d'Amanda Woodward qui disait que le bonheur en rance, c'est les feux d'artifices, eh bien cet album en est un rappel essentiel. Sauf qu'ici, le feu n'est pas artificiel, et consiste à s'alimenter de la haine contre les drapeaux, vos peurs, vos joies, vos idéaux crasseux. Hey toi, le kid qui ne jure que par Peste Noire ou Sale Freux, décroche tes symboles nazionalistes, arrête d'écouter ces groupes, oublie ce pseudo-élitisme géo-politico-musical, et écoute le vrai BM rural et désabusé, celui qui conchie l'ordre et l'uniforme. Surtout que bonus élitisme musical (car ceci est malheureusement une vertu essentielle pour plaire dans le milieu metal noir français), on entend dans ce disque des influences clairement issu du milieu punk, voire post-metal, le tout savamment distillé dans cet ensemble étouffant. Soit encore plus de spontanéité, de nihilisme et de vitriol dans la gueule, chouette non ? Et au-delà de ce catharsis, un texte effrayant de vérité et d'actualité, sur le titre éponyme « La France À Peur » : « Un doux enfant au regard profond, assassiné, étranglé ou étouffé par le monstre. La France a peur, chaque mère, chaque père, a la gorge nouée quand il pense à cet assassin qui a fait croire jusqu'au bout que l'enfant était vivant. Un jeune homme sans passion qui ne peut pas être autre chose qu'une sorte de malade mental. La France a peur, et nous avons peur, et c'est un sentiment qu'il faut déjà combattre, parce qu'il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe. »  Vous voyez, on peut être lucide, cru, acerbe et violent sans pour autant être raciste et avide de bon sens. Baise les fils de rance, nique les fachos, au bûcher ton drapeau.

Ladies and gentlemen, here's the record that sums up at best France in 2016. It also came out before the attacks of 2014 to 2016 that shook our country and made him even more stupid than before, yet he perspire as much as fanatics of french far-right politics at the sight of a person with colored skin. This group bears its name well: the first album of Sordide is dirty, anxious, squeaky, muddy, violent, extreme. Everything that evokes the mere mention of our country. Remember that song of Amanda Woodward who said that happiness in France is fireworks. Well, this album is an essential reminder of this. Except here, the fire is not artificial, and consists in feeding the hatred against the flags, your fears, your joys, your filthy ideals. Hey you, the kid who swears by Peste Noire or Sale Freux, take the fuck off your nationalists symbols, stop listening to these bands, forget this geo-politico-musical pseudo-elitism, and please listen to the true rural and disillusioned BM, who shits on order and the uniform. Musical elitism bonus (because this is unfortunately an essential virtue to please the French black metal audience), we can hear on this record clear influences of punk, post-metal, and even noise, all expertly distilled in this stuffy set. Even more spontaneity, nihilism and vitriol in your face, nice isn't it? And beyond this catharsis, a frightening text because of his truth and the actuality in parallel, the title track "La France A Peur" : « Un doux enfant au regard profond, assassiné, étranglé ou étouffé par le monstre. La France a peur, chaque mère, chaque père, a la gorge nouée quand il pense à cet assassin qui a fait croire jusqu'au bout que l'enfant était vivant. Un jeune homme sans passion qui ne peut pas être autre chose qu'une sorte de malade mental. La France a peur, et nous avons peur, et c'est un sentiment qu'il faut déjà combattre, parce qu'il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe. »  You see, we can be lucid, raw, harsh and violent without being racist and empty of good sense. Fuck the sons of rancid, fuck fascists, fire at will to your flags.

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DEPARTURES - Death Touches Us, From The Moment We Begin To Love


Le hardcore mélodique anglais avait jusque là tendance à m'agacer un peu, je trouvais cette scène trop théâtralisée et dramatisante, je l'avoue. Mais il y a quelques groupes qui tiraient leur épingle du jeu (Grappler en haut du podium pour toute la vie), et Departures en fait partie, d'autant plus avec son nouvel album. Death Touches Us From, The Moment We Begin To Love est un superbe concentré de nostalgie, de mélancolie, soutenu par une musique constamment mélodique, qui ne nous agresse jamais, on est toujours sur un élan de quasi-douceur, alors qu'il s'agit pourtant toujours d'un hardcore puissant, à la composition impeccable et soignée, à la production carrée. Ce qui fait réellement la différence, c'est sûrement le fait que le groupe ait choisi de se débarrasser de tout le superflu qui restait accroché à leur univers sonore : exit les cassures violentes, les moshs parts, il ne reste plus que le strict nécessaire pour les feels, hocher la tête, regarder l'horizon de l'océan (testé et approuvé), et réfléchir sur sa vie. Un très bel album, poignant et sincère qui mérite toute votre attention.

The English melodic hardcore scene had hitherto tended to annoy me a bit, I found this scene too theatrical and oh-so-dramatic, I admit. But there are some bands that managed to stand out of the scene (Grappler at first place forever), and Departures are a part of it, especially with his new album. Death Touches Us, From The Moment We Begin To Love is a beautiful concentrate of nostalgia, melancholy, supported by a constantly melodic music, never violent. This is just some desperate love songs and confessions about anxiety and time, then it's still a powerful hardcore record, with an impeccable and careful composition and production. What really makes the difference is surely that the band chose to get rid of everything superfluous that stayed clinging to their sound universe: farewell to the violent breaks, the moshs parts, it remains only the bare necessities for the feels, to nod, to look at the horizon of the ocean (tested and approved), and to reflect on his life. A beautiful, poignant and sincere album that deserves your attention.

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FOX WOUND - In Passing, You Too Faded


Sur les pages Facebook dédiées au partage de musique emo/screamo, on fait souvent face au meilleur comme au pire. En ce qui concerne ce groupe, c'est clairement le tout meilleur qui m'est tombé dessus. Une magnifique surprise comme je n'en attendais plus dans le registre emo/indie. J'ai ainsi le plaisir et la chance de pouvoir vous faire découvrir Fox Wound. Originaire d'Atlanta, Georgie, les garçons viennent de sortir In Passing, You Too Faded, un superbe condensé de fragilité, de sincérité, et d'expérimentations musicales. L'emo/indie simple et dépouillé y côtoie les vrombissements éthérés et hypnotiques de This Will Destroy You et quelques effluves shoegaze. Ça me rappelle un peu ce qu'a fait Knola sur To The Rhythm, le feeling post-rock en plus. Après avoir voyagé avec ces titres tout en contrastes sonores, en émotions fortes et en moustaches travaillées, ce disque se termine sur un titre encore plus surprenant à la première écoute que l'ensemble du disque lui-même, mais grandiose ensuite : «  Colour Me Gray », qui exprime une balance émotionnelle fréquente dans nos esprits, le fait de se sentir plus ou moins bien en soi, de voir les couleurs autour de soi perdre de leur intensité, mais au final essayer de ne jamais se laisser broyer du noir. « I believe in myself, and I'm comfortable for once », pouvons-nous aussi entendre sur ce final épique complètement plagié sur Deafheaven. Un disque rafraîchissant, unique, et pour moi l'une des meilleures découvertes de 2016 à n'en point douter. Ces quelques mots ne suffisent vraiment pas à décrire ce superbe disque.

On Facebook pages dedicated to the sharing of emo / screamo music, we have to often face to the best and the worst. Regarding this band, this is clearly one of the very best of all that fell under my radar this year. A wonderful surprise I didn't expected anymore in the emo / indie register... I have the pleasure and the opportunity to introduce you Fox Wound, a band from Atlanta, Georgia. The boys just released In Passing, You Too Faded, a superb compendium of fragility, sincerity, and musical experiments. The simple and stripped emo / indie meets ethereal and hypnotic roars of This Will Destroy You, and some shoegaze scents. It reminds me a little of what Knola did with To The Rhythm, with a more post-rockish feeling. After traveling with these tracks filled with sound contrasts, strong emotions and worked mustaches, this disc ends with an even more surprising song at first listen that the entire LP itself, but then grandiose : "Colour Me Gray", which expresses a common emotional balance in our minds, the fact of feeling more or less good by itself, to see the colors around you lose their intensity, but ultimately try to never leave us mope. "I believe in myself, and I'm comfortable for once", we also hear on this epic outro, completely plagiarized on Deafheaven. A refreshing, unique album, and for me one of the best discoveries of 2016, undoubtely. Really, hese words are really inadequate to describe how wonderful In Passing, You Too Faded is...

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MON AUTRE GROUPE - Décadence


À tou.te.s celles et ceux qui se moquent des gens qui écoutent encore Guerilla Poubelle en 2016, je vous le dit et je le répéterais : vous êtes dans le déni. Mais je ne veux pas vous forcer à aimer le punk-rock existentialiste, alors voici pour vous le nouveau 7'' du side-project hardcore/fastcore de Till, notamment accompagné de fanny.dx au chant et de Priscillien, ici bassiste, mais sinon batteur dans d'innombrables groupes : Traverse, Bien À Toi, Guerilla Poubelle... : Mon Autre Groupe. OK, ces messieurs dames ne se sont pas foulés sur le nom du groupe, mais on s'en fout, le contenu défonce depuis le début. Avec Décadence, on a toujours affaire à un trio qui veut en découdre avec les stigmats, avec la société en général, le masculinisme… Des propos d'actualité toujours servi par un hardcore virulent, violent, sans compromis. Pas l'temps d'niaiser, c'est un peu ça. Si vous aimez les groupes de la trempe à Punch, je pense que cela peut vous plaire. « TOUT VA BIEN, LE PIRE RESTE A VENIR ».

At all those who make fun of people who still listen to Guerilla Poubelle in 2016, I'll say it to you and I'll reiterate every damn time: you are in denial. But I will not force you to love existentialist punk rock, so here's to you the new 7'' of the hardcore / fastcore side-project of Till, with fanny.dx on vocals and Priscillien at bass : Mon Autre Groupe. OK, these ladies and gentlemen have not trodden on their band name, but who cares, the content smashes from the beginning of the band. With Décadence, we still dealing with a trio who wants to fight the stigmats, with society in general, masculinism... Words that still necessary to scream as loud as possible (and Fanny is doing it super well), served by a virulent, violent, uncompromising hardcore. No time to fool around. If you like the groups that sounds like Punch, I truly think it may please you. "TOUT VA BIEN, LE PIRE RESTE A VENIR."

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COLD HEART DAYS - Demo 2015



Je vais être franc avec vous : au début, j'avais du mal avec ce groupe, je m'ennuyais un peu, je crois que j'étais vraiment pas dans le mood à écouter du punk « simple » (comprendre sans blast beats et effets de guitare qui pleuvent de partout). Mais au fil des ré-écoutes, en lisant les paroles, en étant un peu mieux saisi de l'atmosphère, du contexte des morceaux, je les ai découvert sous un autre jour, et me voilà conquis par cette démo. Cold Heart Days, c'est la nouvelle saveur emo punk caennaise (enfin, nouvelle, pas tant que ça au final, ça date de l'an dernier...), influencée par Hot Water Music ou les Get Up Kids, composée par des ex-Amanda Woodward et Situations. Nous voilà ainsi face à un contraste intéressant entre textes intimistes et coeur-brisé, revenant également sur des thèmes universels (le temps, le deuil, la crame…), et brûlots contre l'autorité, nos sociétés merdiques. Richesse des propos, sing-along et pavés en l'air, bah c'est très plaisant tout ça voyez-vous les petit.e.s potes. Un GROS regret de les avoir loupé lors de leur dernier passage à Paris (à l'heure où j'écris ces lignes) avec Traverse, en espérant corriger le tir rapidement. Et procurez-vous leur cassette, l'objet en lui-même est magnifique.


I'll be honest with you: at first, I had trouble with this band, I was a bit bored, I think I really wasn't in the mood to listen to this "simple" kind of punk (like without blast beats and guitar effects raining everywhere). But with re-plays going on, reading the lyrics, and being a little better grasped by the atmosphere, the context of the songs, I discovered them in a different light, and then I was captivated by this demo. Cold Heart Days is the new flavor of Caen, France emo punk scene (well, new, not that much : it was released last year already...), influenced by Hot Water Music or the Get Up Kids, composed by former members of Amanda Woodward and Situations. We are thus facing an interesting contrast between intimate texts and broken-heart songs, also returning to universal themes (time, grief, being drunk...) and fire-at-will stuff against authority, and our crappy societies. Richness of the purpose, sing-along and pavers thrown at the air, well this is very pleasant. I have a BIG regret for having missed them during their last gig to Paris (at the time I write this review) with Traverse, hoping to correct it quickly. And yo, buy their cassette, the item itself is beautiful.

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MODERN COLOR - CHROMESTESIA



L'intention de ce disque est un peu curieuse, à la fois géniale, pertinente et prétentieuse : « tiens, si on jouait à peu près tout ce qui marche dans la scène hardcore aujourd'hui, et ce sur le même disque ? », c'est à peu près ce que l'on peut déduire en écoutant Chromestesia, le premier album des américains de Modern Color qui, dès la première écoute, a attiré toute mon attention et a aiguisé tout mes sens. Concrètement, imaginez-vous un mash-up entre Counterparts, State Faults, Turnstile et Nothing, et vous obtiendrez ce disque qui a tout le potentiel pour être un bijou, mais qui quelquefois s’essouffle un peu dans sa course folle à l'énergie, au fun et à l'exutoire, et qui sonne un peu trop fourre-tout par moments. Mais il n'en reste pas moins top à savourer pour ces instants où tu ne sais plus si tu veux être old-school ou hardcore kid d'aujourd'hui

The intention of this record is a bit curious, but great, relevant and pretentious at the same time, like "yo guys, what if we play almost all things that people like to hear in the hardcore scene today, and on the same damn record?" This is what we can deduce by listening to Chromestesia, the debut album of the californian band Modern Color that attracted my attention from the first listen and instantly sharpened all my senses. Specifically, imagine a mash-up between Counterparts, State Faults, Turnstile and Nothing, and you get this record that has the potential to be a gem, but which sometimes runs out of breath in his mad race for energy, fun and catharsis, and sounds a bit too tote. But it still great to savor for those moments when you don't know if you want to be an old-school hardcore kid or a modern one and you're like "fuck it, let's daaaance !".

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FIRE AT WILL - Life Goes On



J'aurais mis un temps fou à parler de ce disque, et c'est dommage, tant Jojo Krod Records a bien cerné mes goûts en me proposant d'écouter ce disque. Car sous ses airs de melodic hardcore somme toute déjà connu et derrière cette cover qui ne m'inspirait pas grand chose pour être honnête (je ne suis pas aussi geek que certain.e.s punxs le sont souvent en (f)rance...), mais dans la continuité des précédents artworks, on prend plaisir à se laisser emporter par ce disque qui semble se situer quelque part entre Comeback Kid, Lifetime et un disque d'emo 90's à la Saves The Day. C'est aussi percutant et bagarreur que sensible, on se prend de belles montées d'adrénalines dans la tronche, tout autant que des instants de sing-along. Personnellement, la première fois que j'ai écouté ce disque, c'était au petit déj', et j'ai eu envie de retourner ma cuisine puis de la ranger avec amour. C'est ça, Life Goes On : c'est la rage intérieure qui explose, mais pour ne jamais distiller aucune négativité, un peu comme Have Heart. Là ou dans une vibe similaire, Hightower propose des instants gymnastique, Fire At Will propose surtout de s'égosiller à en perdre la voix, une main sur le coeur et le café dans l'autre (bon, on évitera le mug plein en concert par contre). Si tu aimes ton hardcore chaleureux mais pas mièvre, ce disque devrait te plaire.

I've put a crazy time to talk about this album, and it's a shame, because Jojo Krod Records has understand my tastes super well by offering me the opportunity to listen to this record. Because under its well-known melodic hardcore aspects and behind the artwork that doesn't inspire me that much to be honest (I'm not as geeky as some punxs are in France...) but in coherence with previous artworks, we take a real pleasure to get carried away with this record that seems to be somewhere between Comeback Kid, Lifetime and 90's emo records à-la-Saves the Day. It's also powerful and sensitive than brawler, we take beautiful climbs of adrenaline in the face, as well as moments of sing-along. Personally, the first time I listened to this record, it was for breakfast, and I wanted to destroy my kitchen, and then clean it with love. That's the spirit of Life Goes On: the inner rage that explodes, but never to distill any negativity, much like Have Heart. On a similar vibe, their french colleagues of Hightower offers gymnastics moments, but Fire At Will especially proposes to scream until we burn our lungs, one hand on the heart, and the other on the coffee mug (OK, just avoid to have this mug during a gig). If you love your hardcore warm but not cutesy, this record should please you.

mardi 20 septembre 2016

Le monde ou rien : compilation surprise et beaucoup de cadeaux.



Salut les punx. Ça fait longtemps que je n'ai rien posté sur le blog... Je dois toujours poster le MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #2. Je ne l'ai pas oublié, au contraire, il ne fait que grossir. Mais jusqu'à aujourd'hui, je préparais un projet que j'ai lancé début Juin. Voici "Le monde ou rien", un gros projet que j'ai lancé en Juin dernier, à la suite des événements qui secouent la France depuis le début de l'année. C'est une compilation réunissant une quarantaine de groupes de la scène punk / hardcore française, ainsi que quelques personnes spectatrices et acteurs / actrices de la scène à différents niveaux. Vous trouverez avec ces morceaux, un .pdf contenant des revendications, des textes intimes, des petites anecdotes... Un peu de tout. Je me suis moi-même beaucoup exprimé. Et sur la page bandcamp, vous trouverez également les lyrics de la plupart des morceaux.

Un énorme, immense, éternel MERCI à tout les groupes qui ont apporté leur participation à ce projet qui m'a coûté bien des nuits et qui m'a donné bien des sourires, à ces groupes qui m'ont fait confiance, qui ont cru à ce projet. Je suis extrêmement fier, heureux, et aussi anxieux, de cette compile, de vous la présenter. J'espère de tout coeur qu'elle vous plaira. N'hésitez surtout pas à la partager autour de vous, et me dire ce que vous pensez des groupes, du zine digital. Je vais bientôt faire le nécessaire pour faire des formats physiques du pdf. Oui, un fanzine :) . Je vous tiendrais au courant de l'avancée de cette étape.

LE MONDE OU RIEN.





ENGLISH TRANSLATION :

Hey y'all. It's a while since I haven't posted something here. I still haven't posted the MUSIC OVERLOAD / EMOTIONS OVERFLOW #2, but I haven't forgot it, I swear. And there was a reason to this silence. Since early June, I prepared in secret a compilation, about french punk / hardcore. But I wanted more to just talk about noise. I wanted to talk about what was going on, in France, Maybe you've heard about all the police / terrorist violence we have endured all year long, until now. Maybe you've heard about the abuse of authorities, the complete ignorance of the people in the streets. Maybe you've heard all these stories about racism, hatred, discrimination, about muslims, migrants, young people... 

We all think we can't let this be a thing anymore. It's time to react. 

There's tons of kids, adults, old people, that still tread the pavement against all the abuses, against the injustice, the lies, the oppression, the laws imposed to us without asking our opinion. I wanted to be a part of it. Then I had the idea to put online this compilation, named "Le monde ou rien" (in english : the world of nothing). 42 bands, with different messages, but same passion, anger and strength. All these poeple have the same desire to change everything in our societies, in their lives. Also, some bands have participated to a .pdf where you can find manifestos, poems, intimate textes about our very selves, about things around us... But it's all french, sorry people. :(

Hope you'll like all these songs like I do, hope you'll love the sound, the lyrics. There's brand new songs from Potence, Sugartown Cabaret, Fake Off, Barque, Guerilla Poubelle, and an unreleased song from Alta Marea, the first and last screamo song of the math-rock band, specially re-recorded for the compilation. I'm so very proud of this. I made it for you, for us.

THE WORLD OR NOTHING.

mercredi 20 juillet 2016

GO FOLK YOURSELF : quand le hardcore se fait sagesse.



Tout me débecte ces derniers temps, le monde est de plus en plus sombre à chaque heure qui passe. Rien n'arrête la chute, pas même la révolte. Alors en ces jours obscurs, je cherche l'évasion. Et il me semble bien que ces messieurs m'aient aidé. Des amis de l'internet, ou de la scène parisienne, qui m'ont chacun offert un instant d'évasion à chaque fois différent. 3 visions différentes de la folk. Qu'elle soit mécanique, mélancolique, ou sombre, elle a toujours été cathartique et bénéfique. Et ce qui est amusant, c'est qu'ils viennent tous du punk hardcore. Leurs idéaux, leurs passions, restent aussi brillants, mais ils exposent leur vécu, leur rage, avec sagesse et douceur. Et cela donne des disques d'une puissance émotionnelle aussi forte qu'un disque de screamo, de sublimes échappées dans lesquels on se reconnaît tou.te.s un peu, des peines et des rêves racontées à fleur de peau, peut-être un peu plus que des artistes au background plus "classique"... Emo goes folk, let's go.

NICOLAS QUIRIN - Lullabies For My Ghost

J'avais découvert ce monsieur lors d'un concert folk de grande qualité à Paris : il jouait ce soir-là avec Cavan Moran, Miles Oliver et Odds & Ends. Il avait réussi à me toucher, avec la délicatesse de sa voix, allant de pair avec les instants de vie qu'il racontait, via sa musique intimiste et mélancolique. Mais il n'avait encore rien sorti, si je ne me trompe pas. Deux ans sont passés depuis, et Nicolas Quirin a sorti son premier album, Lullabies For My Ghost, en septembre 2015, chez La Face Cachée. Lui et moi, on partage la passion du french screamo 2005, on est venu à en discuter et il m'a rendu jaloux en me disant qu'il avait une quantité non négligeable de disques de cette grande époque (oui, j'ai soigneusement évité la blague évidente et lourdingue que vous devinerez sûrement, désolé), mais m'a consolé en me proposant de m'envoyer un exemplaire de son disque. En ce doux après-midi d'une fin Juin 2016 nous offrant un peu de soleil au milieu de toute cette noirceur ambiante, j'ai posé cet album sur ma platine. Et quelle agréable sensation de tout d'abord replonger dans mes souvenirs de cet instant chaleureux pour bien des raisons, que fût cette soirée parisienne de Janvier 2014... Et ensuite d'autres souvenirs, aussi doux qu'amers. Oui, ce sont des souvenirs contrastés qu'on fait remonter en moi Nicolas au travers de ses récits, d'un disque dont le climat est plutôt brumeux, mais jamais tempétueux. Pensez à la brise fraîche d'une nuit d'été où l'on errerait dehors, sans autre but précis que celui de divaguer dans ses pensées, refaire sa vie.

Lullabies For My Ghost nous invite au voyage, dans un univers rempli de tendresse, de nostalgie, tout en simplicité. Le paysage est clairement établi et représenté par son artwork sombre mais au tracé, au contenu enfantin. À l'écoute de ces 8 titres, j'ai retrouvé ce qui m'a fait accrocher à la musique de Nicolas il y a 2 ans : la douceur est toujours le fil conducteur de son univers, une douceur cependant pleine de sensibilité.  Des chansons majoritairement inspirées par l'amour, le trouble de l'âme, des moments de faiblesse et d'insouciance que l'on a tou.te.s vécu. Et je l'en remercie pour cela, car c'est tout ce qu'a besoin le monde et nos coeurs actuellement : l'émotion, l'imagination, l'amour. "Let’s send to the moon your prayer for the whole world, for the time that runs out before we fall asleep. For now I just wonder where the dead go, teach me how to have fun, teach me..." - "Rooftops And Bottle Bottoms". Forcément, il est dur de ne pas céder à la tentation des réflexions sombres lorsqu'il s'agit de se confier, d'ouvrir son coeur. 

Plus haut, j'évoque l'attrait de Nicolas pour le screamo. Mesdames et messieurs, coïncidence totalement calculée par mes soins, voici LE PUNX POINT : Plume Cordier, a.k.a Mohawk, a.k.a le chanteur des excellents et rigolos Direwolves, nous offrent quelques belles mélodies sur "Songs about Laura, Part 2". Mais dis-moi Nicolas, pourquoi as-tu fait ça ? Il a forcément fallu que tu écrives sur une femme nommée Laura... Et évidemment, je retrouve des situations que j'ai vécu avec une Laura, moi aussi. "She’s thinking about pointless things like shoes and Ice-Cream, and how to hide her cigarette pack if her mother arrives.". Tu me rappelles que bientôt 4 ans après, il est dur d'oublier certaines histoires, certains détails. Ceux-ci même qui peuvent t'inspirer tout au long d'une vie, dans tes erreurs comme dans tes succès. C'est pour ça que les disques comme les tiens existent, et qu'ils font du bien, pas vrai ?

À force de se laisser aller, on a l'impression que l'on est trop vite arrivé au bout de cet album lorsque l'on arrive sur ce dernier instant de confessions poignantes qu'est "Siberia", un dernier morceau de vie, d'abstraction, accompagné d'un piano tout aussi délicat et mélancolique que le reste, se faisant plus grave au fur et à mesure que la chanson avance. Et tout se finit sur d'ultimes notes : celles de gouttes de pluie qui semblent tomber sur une fenêtre, puis le silence. Un dernier rappel du sentiment général qui anime ce disque, de ce que j'aime entendre et voir pour que le temps et la tristesse soient chacun plus agréables à regarder passer.

4 morceaux de l'album sont en écoute ci-dessous, les autres sont disponibles sur Deezer, ou sur le disque, tout simplement.




YETI - Amidst

Mon tout premier concert de post-rock, c'était le 17 Décembre 2012, avec Totorro, Jean Jean, Man Is Not A Bird et Hier. Tel un cadeau de Noël, j'y ai découvert ce soir-là le tout meilleur du folklore math/post-rock français (mais c'était bien avant que MINAB ne devienne un groupe de shoegaze). C'est Hier qui a ouvert cette soirée, et je me rappelle bien que ce groupe m'a transpercé le coeur et m'a fait pleurer de l'intérieur. C'était magnifique, la voix et le chant du frontman m'ont bouleversé, je suis tombé quasi-instantanément fan de cette interprétation ultra-intimiste, à fleur de peau, presque jazzy du post-metal. C'est après être tombé sur mes quelques éloges écrits que Vincent, frontman de ce groupe, est venu vers moi. Il a également joué dans un groupe tout aussi atypique et fantastique, Syrtis Major, relativement similaire aux travaux d'Hier mais que je n'ai jamais eu la chance de voir en live. Entre temps, il m'a présenté son nouveau projet, Yeti, créé avec son comparse Julien (le grand maître des machines et des percussions), initialement situé quelque part entre folk et lo-fi, et j'ai découvert son compte instagram dont je suis complètement fan, tant il reflète au mieux leur quotidien, leur musique, leur esprit, et tant il colle à ma routine personnelle. La banlieue, les lieux banals qui pourtant racontent une émotion précise de ce moment où l'on tombe sur cet endroit, la pluie, les couleurs chaleureuses du soleil levant, le gris de Paris, la nostalgie, le Japon (hey, Vincent a une Super NES et il aime Envy !)... Et c'est exactement ce qu'ils racontent, au travers de Yeti.

Sur Amidst, on a affaire à une musique très complexe, difficile à appréhender. Un mélange entre une folk pleine d'humanité et de sensibilité, et des influences électroniques, presque industrielles, beaucoup plus froides et pesantes. Une fois, on m'a dit que le chant de Vincent (et ses projets en eux-mêmes d'ailleurs) était proche de celui de Keeley Davis, frontman d'Engine Down. Eh bien oui, c'est à peu près ça : imaginez-vous un side-project de Keeley principalement influencé par l'urbain, tout en conservant la fragilité et la délicatesse de sa voix, et vous obtenez cet album qui m'a d'abord laissé dubitatif, différent à bien des égards des précédents projets du parisien, puis qui a finalement suscité toute mon attention... Et c'est tellement intéressant à écouter, voire carrément à explorer, que je me dois de vous le raconter dans le moindre détail...

Ces paysages sonores troubles paraissent opaques à la première écoute, il est difficile de trouve la cohérence entre la chaleur des guitares folk et des voix, et la froideur des machines. Mais plus l'on avance dans le disque, plus son âme se dévoile, et plus l'ensemble s'harmonise. Il faut sûrement y voir la trace de Wovenhand et des Swans, dans ces expérimentations sonores pointues, arides mais touchantes, s'étendant sur la longueur, jouant avec les nerfs de l'auditeur. Ce disque s'ouvre avec "Phos", une plage essentiellement drone, un mouvement sonore hypnotique, sombre, saturé, qui évoque le gris, l'ennui, l'obscur, mais où résonne en fond un quelque chose mélodique, comme l'illustration d'une couleur chaude ayant viré au pâle, comme l'étincelle dans cet étouffement. C'est en fait une introduction à "Buildings", où l'on est d'emblée transporté, ébloui, par cette sensibilité extrême qui réside dans la voix de Vincent, dans le jeu de guitare, tout deux d'une mélancolie profonde. Une douceur réconfortante, résonnant comme une comptine, où grondent néanmoins un orage : tu la connais bien, cette lourdeur caractéristique d'un coup de tonnerre d'été, cette odeur d'humidité chaude ? C'est ces éléments que l'on retrouve dans la pesanteur que retranscrivent ces drones saturées, qui transcendent ces douces mélodies, le tout se répétant au fur et à mesure que le morceau s'écoule. Totalement prenant.

S'en suit "Amy", principalement basée sur des sonorités électroniques, qui fait encore plus la démonstration de la cassure entre l'industriel et la routine, et la légèreté et l'insouciance. Un beat mécanique et froid, un sample robotique, croisant des notes de glockenspiel et des loopings de guitares. Deux univers totalement différents, qui se confondent et s'imposent l'un à l'autre. Une dualité captivante, et toujours hypnotisante. J'imagine bien ce morceau dans un anime psychologique, dans un épisode de Death Note...

Des contrastes saisissantes se retrouvent également dans "The Path", mais dans un registre différent : c'est ici une progression vers une instrumentation plus posée, et des guitares beaucoup plus lourdes et saturées qui vont, au fur et à mesure que le morceau avance, finir en un nouveau drone rugueux, perçant, un bourdonnement fort, tel l'orage lointain, le tout accompagné d'une légère boucle electro. Mais la musique de Yeti peut également être totalement dépouillée, dépourvue de toute artifice, en témoigne "Fall Is At Dawn", un morceau dans l'esprit lo-fi originel de la formation, ou "Monowl", un simple duo guitare/voix qui conclut magnifiquement l'album. L'élève de Wovenhand se permet même d'égaler le maître, en reprenant "Singing Grass" en guise de "hidden track", toujours avec cet élan frissonnant de délicatesse.

Je choisis volontairement de ne pas vous en dire plus sur ce disque, car il est réellement à découvrir, à explorer de vous-même. C'est un album plein de mystères, de singularité, de complexité et de fragilité, qui romance la routine, qui illustre intelligemment un panel large d'émotions, d'influences, d'idées. Un de ces disques de l'ombre qui pourtant ont tout des grands. À priori, le prochain disque des garçons devrait clairement être dans le style de "The Path". Amidst restera donc un disque unique, le témoin d'un temps précis, une petite pépite qui ne se dévoilera qu'à certaines âmes égarées.

Ci-dessous, le clip du titre "Wolves". L'album se découvre également sur Deezer, et sur un CD à l'artwork et au livret travaillé, beau, mystérieux.



THROW ME OFF THE BRIDGE - April Showers

Après avoir sorti un sublime LP, Blindforded Traveler, le multi-instrumentaliste lavallois Quentin Sauvé, officiant dans le triangle d'or du Laval hardcore jeu (Birds In Row, As We Draw, Calvaiire), revient avec Throw Me Off The Bridge (qui est désormais devenu un groupe plus qu'un projet solo, me semble-t'il) pour proposer un nouvel EP, April Showers, où il fait évoluer la recette de son side-project, conservant la balance entre indie folk et l'intensité cathartique du post-hardcore, mais en laissant un peu plus de place à l'électricité, je pense notamment à ces nappes de claviers épaisses et bourdonnantes, au côté cassant et rugueux des guitares électriques, sans pour autant que cela noircisse trop l'atmosphère du disque : on y retrouve toujours autant de pureté, malgré l'élan général plutôt mélancolique, en témoigne le ton lyrical toujours personnel et anxieux. "The roof is crushing my bones. Stones, breaking windows. Will the sun enter my home? Or will I just leave it all? Can I just live after all?"

Mais Quentin sait aussi donner du courage depuis l'album, et heureusement, ça n'a pas changé. Ainsi, "Weak Spot" nous donne du self-esteem, nous pousse à croire en nous, dans un même contraste instrumental entre brume et soleil. "There ain't no wrong decision, there ain't no right answer. Stick to your own opinion and wait a little bit longer. Ask yourself the right question, at least give it a try. We're like every normal person, frustrated, unsatisfied."

Encore une fois, le lavallois nous propose un disque à fleur de peau, plus abrupte, mais jamais oppressant. Il me tarde vraiment de revoir ce projet sur scène, tant c'est émouvant à voir et à entendre, et tant ces chansons regorgent d'intensité. Merci Quentin.



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ENGLISH TRANSLATION :

Everything disgusts me currently, the world is becoming darker with each passing hour. Nothing stops the fall, not even revolt. So in these dark days, I just looking for an escape. And it seems to me that these gentlemen have helped me. Friends of the internet, of the parisian punk scene, who gave me 3 different kind of escapism, 3 different visions of folk. Whether mechanical, melancholic, or dark, it has always been cathartic and beneficial. And the funny thing is that they all come from the hardcore punk scene. Their ideals and passions remain as brilliant, but they expose their experience, their rage, with wisdom and gentleness. And that gives records with a strong emotional power like in a screamo records, sublime escapements where we all recognize ourselves a little, pains and dreams told with great sensibility, perhaps a little more than folk artists with a more "classic" musical background... Emo goes folk, let's go.


NICOLAS QUIRIN - Lullabies For My Ghost

I discovered this gentleman in a high quality folk concert in Paris: he played that night with Cavan Moran, Miles Oliver and Odds & Ends. He truly touched me with the delicacy of his voice, coupled with the moments of life that he sang us, through its intimate and melancholic music. But he hadn't released anything yet at this moment, if I'm not mistaken. Two years have passed since, and Nicolas Quirin released his first album, Lullabies For My Ghost, in September 2015 at La Face Cachée. He and I, we share the passion for 2003-2006 era french screamo, and through our passionates discussions he made me jealous by saying he have a significant amount of records of that great time, but he has consoled me by offering to send me a copy of his album. In this sweet afternoon of a late June 2016 that offering us some sunshine amid all this ambient darkness, I've played the LP on my turntable. And what a pleasant feeling of, firstly, diving back into my memories of this warm moment for many reasons that was this parisian evening of January 2014... And then other memories as sweet as bleak. Yes, these are contrasting memories that Nicolas has reminded me through his stories, a record with a hazy atmosphere, but never tempestuous. Think of the cool breeze of a summer night where we wander outside, with no other purpose than to wander in our thoughts.

Lullabies For My Ghost invites us to travel in a universe filled with tenderness, nostalgia, full of simplicity. The landscape is well established and represented by the dark artwork but with a childlike content and design. By listening to these 8 tracks, I found once again what made me hold on to the music of Nicolas 2 years ago: sweetness is always the main theme of his world, however full of sensitivity. Songs mostly inspired by love, the disorder of soul, moments of weakness and carelessness that we all lived. And I thank him for that, because it's all that the world and our hearts needs now: emotion, imagination, love. "Let’s send to the moon your prayer for the whole world, for the time that runs out before we fall asleep. For now I just wonder where the dead go, teach me how to have fun, teach me..." - "Rooftops And Bottle Bottoms". Inevitably, it's hard not to give up to the temptation of the dark thoughts when we confess, when we open our heart.

Above, I've mentioned the fact that Nicolas loves screamo. Ladies and gentlemen, a totally calculated coincidence, HERE'S THE PUNX POINT: Plume Cordier, a.k.a Mohawk, a.k.a the singer of the excellent and funny french crust/hardcore band Direwolves, offer us some beautiful melodies on "Songs about Laura, Part 2". But tell me Nicolas, why did you do that? Why you had to write about a woman named Laura ... Because obviously, I found situations that I lived with a girl named Laura, too. "She’s thinking about pointless things like shoes and Ice-Cream, and how to hide her cigarette pack if her mother arrives.". You reminded me that nearly 4 years after, it remains hard to forget some stories, some details. These souvenirs that can even inspire you throughout life, in your mistakes and your successes. That's why that record like yours exist, and that they make us feel good, right?

By dint of letting go, it seems that we reached too fast to the end of this album when it reaches the last moment of poignant confessions that is "Siberia", one last piece of living, abstraction, accompanied by a piano just as delicate and melancholic than the rest. And everything ends on a final note: those raindrops that seem to fall on a window, then silence. A final reminder of the general sentiment that animates this record, of what I like to hear and see for allowing to time and sorrow to be more pleasing to watch pass.

You can listen to 4 songs just below, others are available on Deezer.




YETI - Amidst

My very first post-rock concert was on December 17, 2012, with Totorro, Jean Jean, Man Is Not A Bird and Hier. As a Christmas gift, I discovered that night all the best of french math / post-rock folklore (but this was before MINAB goes shoegaze). Hier opened this evening, and I remember that this band has completely pierced my heart and made me cry inside. It was beautiful, the voice and the singing of frontman have upset me, I became almost instantly a fan of this ultra-intimate and kinda jazzy interpretation of post-metal. After he saw my praises about this show, Vincent, frontman of the group, came to me. He also played in a band equally unusual and fantastic, named Syrtis Major, quite similar to Hier's work but I never had the chance to see them live. Meanwhile, he presented his new project, Yeti, created with his friend Julien (the great master of machines and percussions), initially located somewhere between folk and lo-fi, and I've found his instagram account of which I am completely fan, as it reflects at best their routine, their music, their mind, and my own routine. The suburbs, pictures of boring places that evokes us the specific feeling you can have at the exact moment where you walk at this kind of places, the rain, the warm colors of the rising sun, the gray of Paris, nostalgia, Japan (hey, he have a Super NES and loves Envy!)... and that's exactly what they say through Yeti.

With Amidst, we're dealing with a very complex music, difficult to grasp. A mix between a folk full of humanity and sensitivity, and electronic influences, almost industrial, much colder and heavy. Once, A guy told me that the singing of Vincent (and its projects in themselves) was close to Keeley Davis, frontman of Engine Down. Well yes, that's about it: imagine a side project of Keeley mainly influenced by the urban thing, while retaining the fragility and delicacy of his voice, and you get this album that let me doubtful at first listen, different in many ways from previous projects of the parisian dude, but it finally sparked my attention... And it's so interesting to listen to, if not downright exploring, that I had to talk about this record in every detail...

These troubled soundscapes appear opaque at first listen, it's difficult to find consistency between the warmth of folk guitars and voices, and the coldness of machines. But the more we advance in the record, the more his soul is revealed, and the whole blends perfectly. We have to see the influences of Wovenhand and Swans I guess, in these sharp sound experiments, arid but touching, constantly expanding, playing with the nerves of the listener. This record opens with "Phos," essentially a drone track, a hypnotic sound movement, dark, saturated, which evokes the gray, boredom, obscure but with something melodic that resonates on the background, as the illustration of a hot colour that has turned pale, like a spark in a kind of suffocation. This is actually an introduction to "Buildings", where we're immediately transported, dazzled by the extreme sensitivity of the Vincent's voice, in the guitar playing, both fed with profound melancholy. A comforting softness, that resonates like a nursery rhyme, where nevertheless a thunderstorm rumbles: you know her well, this heaviness characteristic of a summer thunder, this hot moisture smell? It's these elements that we find in this heaviness that retranscribes these saturated drones that transcend these sweet melodies, all repeating themselves on and on, while the track flows. Totally addictive.

The record continues with "Amy", mainly based on electronic sounds, which is more a demonstration of the rift between the industrial and routine, and the lightness and carelessness. Mechanical and cold beats, a robotic sample, between glockenspiel notes and guitar loops. Two totally different worlds, which merge and imposes themselves to each other. A captivating duality and always mesmerizing. This song can perfectly be in the OST of a psychological anime, in an episode of Death Note...

Striking contrasts can also be found in "The Path", but in a different register: it begins with a more quiet instrumentation, and suddenly much heavier and saturated guitars that becomes slowly a new rough drone, a loud buzz, as the distant storm, accompanied by a slight electro loop. But the music of Yeti can also be completely bare, devoid of any artifices, evidenced by "Fall Is At Dawn", a song in the original lo-fi spirit of the dudes, or "Monowl", a simple guitar/voice duo which beautifully concludes the album. And because it wasn't enough, the student of Wovenhand have made a cover of "Singing Grass" as a hidden track, always with this shivering momentum of delicacy.

I deliberately choose not to tell you more about this record because it's really worth to be discovered and explored by yourself. It's an album full of mystery, of singularity, complexity and fragility, making the routine way more beautiful, which cleverly illustrates a broad panel of emotions, influences, ideas. A priori, the next album of Yeti should clearly be in the style of "The Path". So Amidst will be a very unique record, the light of a specific time, a little gem that only some lost souls will find, somewhere on the internet, or obscure distros, or at Yeti gigs.

You can also listen to Amidst on Deezer, and don't hesitate a second to buy the CD with its mysterious and beautiful artwork and booklet.




THROW ME OFF THE BRIDGE - April Showers

After releasing a sublime LP, Blindforded Traveler, the multi-instrumentalist guy from Laval, Quentin Sauvé, officiating in the golden triangle of Laval hardcore game (Birds In Row, As We Draw, Calvaiire), returns throught his side-project Throw Me Off The Bridge (which is now a full band, if I'm not mistaken) with a new EP, April Showers, where he changed a bit the recipe of the project, maintaining the balance between indie folk and cathartic intensity of post-hardcore, but leaving a little more room to electricity, I'm thinking of these thick and buzzing keyboards, the harsh and rough side of electric guitars without too much blackening the atmosphere of the record: we always find much purity, despite the general momentum rather melancholic, which reflected the lyrical tone always personal and anxious. "The roof is crushing my bones. Stones, breaking windows. Will the sun enter my home? Or will I just leave it all? Can I just live after all?"

But Quentin also knows how to give some courage since the album, and fortunately it hasn't changed. Thus, "Weak Spot" gives us self-esteem, encourages us to believe in ourselves, in the same instrumental contrast between mist and sun.  "There ain't no wrong decision, there ain't no right answer. Stick to your own opinion and wait a little bit longer. Ask yourself the right question, at least give it a try. We're like every normal person, frustrated, unsatisfied."

Again, Quentin offers us a strong record, more rough, but never oppressive. I really can't wait to see it on stage once again, because his music is even more beautiful and intense live. Thank you man!